Pour ce 200eme billet de mon blog, c'est une bien triste nouvelle que je vous annonce.

Trois ans après l'ouverture de la "plus belle boutique du monde" une page va se tourner.

J'ai essayé de vivre d'un commerce différent, un commerce ayant une démarche globale, écologique et équitable, respectueux de l'homme et de l'environnement, ici aucun des produits n'est responsable de la destruction de l'environnement ni ne participe à un quelconque esclavage des travailleurs, des artisans.

Un commerce qui ne transformait pas la foret amazonienne en hamburger, les forets d'Indonésie en barre chocolatée, qui ne participait pas à la lente et inexorable montée de la sur-puissance de Mosanto et de ses OGM, qui n'exploitait pas des enfants, des ouvrièr(e)s, des prisonniers, qui n'obligeait pas aux suicides de masse des producteurs de coton indien...

Un commerce véritablement équitable, sauf pour moi et pour ma famille, c'était un acte militant qui nous à couté et va encore nous encore nous couter beaucoup d'argent, trois ans de non salaire pour arriver à ne plus pouvoir payer son loyer, ses factures.

Je suis triste, triste d'avoir raté cette expérience, triste que les Narbonnais, même ceux qui en théorie sont dans cette idée de respect de l'homme et de l'environnement, n'ont pas répondu présents.

Triste pour mes clients qui aimaient ma boutique, triste pour tout mes fournisseurs, d'ici ou d'ailleurs, partageant la même vision d'un monde plus juste et plus beau, qui voient encore une boutique vendant leurs produits auquel ils croient, disparaitre. Triste pour les paysans qui cultivaient le café, le chocolat, la maca..., les personnes qui fabriquaient les produits, Moussa et ses compatriotes nigériens qui perdent un lieu de vente de leurs bijoux, triste d'abandonner Henri et Kaya qui proposait du superbe artisanat Burkinabé...

Triste de ne plus pouvoirs proposer à Narbonne des sculptures inuites ou locales, des couteaux lapons...

Triste d'avoir donné des espoirs à mes associés, à mon épouse, ma famille et de les avoirs déçus.

Il fallait que je change de lieu, être mieux placé pour espérer continuer l'expérience. Un commerçant ami en liquidation judiciaire me proposait gratuitement de reprendre son bail dans une rue piétonne et passante, c'était une chance mais c'était sans compter sur la cupidité et la malhonnêteté du propriétaire, qui après m'avoir donné son accord se renie pour demander 10 000 euros et en profiter pour augmenter le loyer de plus de 200 euros.


C'était mon dernier espoir, il n'est plus, je baisse les bras.

Je vais fermer, c'est inéluctable, je cherche à vendre mon droit de bail et au vue de la situation actuelle des commerces de centres villes, ça serait un miracle si j'y parvenais, mais je ne crois plus aux miracles depuis longtemps.

Malheureusement même en arrêtant, la banque, l'État, le RSI, mon propriétaire ne vont pas m'oublier...

Si vous connaissez quelqu'un intéressé, si vous avez un boulot à me proposer à partir de septembre ou octobre (je vais essayer de faire la saison avant la liquidation) contactez moi à desboutsdumonde@orange.fr Yann