Marché bio, suite: un exemple le Thé noir du Pérou
Par Yann le mardi 17 mars 2009, 11:35 - Produits "made in éthique" - Lien permanent
Comme je le disais précédemment j'ai agrandi mon activité par ma présence
sur le marché bio du samedi matin de Narbonne (place du forum).
Le début étant "assez" prometteur, je propose de nouveau sur le marché et à la
boutique des produits alimentaires.
De SALDAC (Solidarité avec l'Amérique Latine pour le Développement Autonome des
Communautés) qui diffusent vraiment des produits d'excellente qualité.
Je réfléchi encore à diffuser les produits (bio) d'Andines et de d'autre
fournisseurs, mais je ne veux pas proposer des produits similaires à des
producteurs locaux et puis le risque sur l'alimentaire (expérience vécue) c'est
les dates de péremptions entrainant des pertes.
Je propose aussi en partenariat avec l'échoppe médiévale
des bières bio d'Ardèche en attendant que Renaud et Céline passe au bio (en
cours)
Je vais donc sur quelques billets vous présenter mes nouveaux produits, bonne
lecture et surtout venez gouter!!! Toujours Bio et
équitable
J'avais déjà présenté un peu Saldac dans deux billets
Maca,
SALDAC
commençons par le thé "Rio Azul", Thé noir des Andes (Texte et
photos de Saldac)

Ce thé noir des Andes provient du hameau de Rio Azul, dans le district de
Herminio Valdizán, province de Tingo María, au cœur de la région centrale du
Pérou.
Le petit village très isolé de Rio Azul est difficile d’accès car il est situé
à plus de 1h30, par une piste assez chaotique, de la ville de Tingo María
(capitale de la province), elle même à environ 9 heures de route de Lima. En
effet, il faut d’abord franchir le col de Ticlio à 4818 m d’altitude, traverser
tous les hauts plateaux centraux à plus de 4200 m, pour redescendre dans la
vallée qui mène à Huánuco (2000 m), continuer la descente sur Tingo María à 600
m et remonter jusqu’au hameau de Rio Azul à 1500 m.

Les producteurs et un lot pour le marché local
Ce thé est produit par la petite entreprise « Los Jardines de Té ».
Depuis 2004 cette petite entreprise se consacre à la remise en état des
plantations et du matériel, mais aussi à la reconstruction du réseau de ventes
locales d’une ancienne coopérative qui avait vu le jour suite à la réforme
agraire du Général Velasco au début des années 1970.
Cette coopérative du même nom (Los Jardines de Té) avait réussi à regrouper
environ 200 producteurs pour un total de 400 hectares de plantations. A la fin
des années 1970 elle produisait plusieurs marques de thé, en vrac et en sachet,
dont les ventes essentiellement locales au départ, gagnèrent peu à peu le
marché de la capitale et d’autres grandes villes du pays, grâce à la qualité de
ses produits. Les producteurs recevaient alors un bon prix pour leur récolte,
la totalité de celle-ci était commercialisée par la coopérative.
Puis au milieu des années 1980 une multinationale s’implanta au Pérou. En
important du thé de Chine, conditionné sur place à Lima, elle lança sur le
marché un thé 35 % moins cher que celui de la coopérative, avec des moyens
marketings très supérieurs. Cette concurrence féroce leur porta rapidement
préjudice avec comme conséquence la perte de beaucoup de clientèle.
A la même époque (entre 1980 et 1990), le Pérou a connu une vague terroriste
assez violente, avec divers groupes armés (Sentier Lumineux, Mouvement
Révolutionnaire Túpac Amaru) qui s’affrontèrent aux militaires et aux groupes
de défense communautaires (Rondas Campesinas), laissant beaucoup de morts et de
déplacés. En 1992, avec l’arrestation du N°1 du Sentier Lumineux, les groupes
terroristes commencèrent à disparaître peu à peu de l’ensemble du pays, mais le
noyau dur du mouvement de la guérilla se rapprocha des narcotrafiquants et des
zones de production de coca.
Tingo María se trouve justement au début de la grande vallée du Huallaga, le
plus grand secteur de plantations de feuilles de coca du Pérou et de
laboratoires de transformation.




Cette région a donc énormément souffert pendant l’époque du terrorisme,
beaucoup de producteurs de thé abandonnèrent leurs plantations dès les années
1985, pour aller se réfugier à la capitale ou dans d’autres villes, loin de
l’insécurité. La coopérative perdit rapidement ces capacités de production et
cessa son activité à la fin des années 1980. Aujourd’hui encore cette région
est largement dominée par le narcotrafic, la corruption et les groupes
subversifs qui servent de protection.
C’est au mois d’Août 2007 que nous rencontrons quelques producteurs :
une vingtaine d’anciens membres de la coopérative essayent de remettre sur
pieds le projet initial, réunis autours de la petite entreprise « Los
Jardines de Té ». Il reste à ce moment là 50 hectares environ de plantations de
thé en production, cinq appartenant à l’entreprise et les autres sont répartis
entre les différents agriculteurs. Nous tentons donc avec eux le formidable
pari de restructuration de la filière, pour le marché local et via
l’exportation.
Ce thé est cultivé de façon naturelle sur les versants humides de la
cordillère andine entre 1500 et 2000 m d’altitude, ce qui lui confère des
arômes particulièrement agréables. Certaines des plantes ont plus de 50 ans,
d’autres pas loin de 100 ans. Légèrement fumé, suave et persistant en bouche,
c’est le résultat d’une récolte sélective des deux premières feuilles
garantissant un maximum d’arômes, idéal pour le petit déjeuner.
Il s'agit pour l'instant d'un thé noir à feuilles brisées, car les machines ne sont pas encore en état pour réussir un roulage parfait de la feuille. Nous vous conseillons une infusion de 4 minutes qui révèlera bien les arômes du thé et donnera une belle couleur cuivrée à la tasse.