Apres

Bon d'accord, faire ma présentation pratiquement un mois après la mise en ligne de mon blog c'est un peu comme avancer masqué, mais j'ai pas eu le temps.

Je viens d'avoir 43 ans déjà (seulement) et si je devais m'étiqueter je dirai que je suis un rêveur/terre à terre, un utopiste/réaliste, un engagé/dégagé, un optimiste réaliste ou un pessimiste heureux.

Je suis un sceptique (Encore une référence à Brassens, voir les paroles dans le billet le sceptique, bien que je ne sois pas d'accord avec sa dernière phrase) et je m'interroge sur LA vérité.

Mon parcours professionnel pourrait se résumer à ceci...

Parce que je crois que la connaissance abolie la peur, mes choix de vie ont toujours tourné autour d'une envie de connaitre, de comprendre mon environnement, et de faire partager cette connaissance.

Le sens que je donne au mot environnement c'est ce qui nous entoure. J'ai commencé, enfant ou adolescent, par la "simple" connaissance de la faune et de la flore du lieu où je vivais. Puis, logiquement, j'ai eu envie de mieux comprendre l' écologie au sens premier du mot, la science de l'habitat (ekos: la maison, le lieu de vie) et des relations entre toutes les composantes de celui ci.

L'Homme ne peut en être absent, et du local je suis passé alors forcement au global et à la vision universelle et complexe de l'environnement dans ses composantes, naturelles, culturelles, sociales, historiques... J'ai fait alors le choix de vivre de cette passion et j'ai beaucoup appris des rencontres dans mon métier d'éducateur à l'environnement ( mélange d'éducateur pour et par l'environnement ). J'ai aussi été à l'origine de la création d'une association d'éducation populaire s'appelant NACRE (Nature, Arts, Cultures, Rencontres, Éducations). Ce métier/passion m'a permis d'entrouvrir mes oeillères, d'ébrécher mes lunettes, et je pense avoir pu modestement aider d'autres à s'ouvrir à leurs environnements, leurs mondes, Le Monde.

Malheureusement c'est un métier précaire( Contrats à durée déterminée, contrats aidés... ) et j'ai, au bout de presque vingt ans, fait le choix de l'abandonner parce que je supportais de plus en plus mal d'être dépendant des pouvoir publics (RMI, Allocations chômage...) pour vivre correctement de mon travail.

J'ai toujours fréquenté assidûment les librairies et j'ai eu la chance, grâce à une rencontre avec le libraire de ma ville qui m'a fait confiance, d' exercer ce métier pendant 5 ans.

Il m'a toujours semblé que ce métier était proche de celui que j'exerçais précédemment. En effet, les livres, certains livres en tout cas, ne sont pas encore uniquement des produits de consommation, ils contiennent, des savoirs des expériences, des réflexions ; ils sont un moyen d'échanger avec les écrivains, leurs idées, leurs visions, leurs connaissances. Ils sont des vecteurs.

Un livre, que nous offrons ou qui nous est offert, achetons ou vendons, empruntons, échangeons, prêtons ou que l'on nous prête, est un moyen d'échange, de partage, et encore une fois d'ouverture et de découverte de notre environnement, de nos mondes, du Monde.

Le secteur de la librairie est en train de changer et là aussi comme souvent une certaine vision économique pense qu'il est nécessaire de grossir pour ne pas disparaître. La librairie où je travaillais à été rachetée par un grand groupe international, possédant (entre autre) une chaîne de magasins vendant des livres par abonnement, et la politique commerciale a imperceptiblement évolué vers une uniformisation de l'offre.

Cette orientation ne correspondait plus à ma vision du commerce de librairie et il me semblait qu'en réduisant le choix, le conseil, la diversité, je refermais des oeillères ou remettais une nouvelle couche de vernis sur nos lunettes, je réduisais les échanges et m'éloignais de mes convictions.

J'ai donc décidé d'évoluer et de créer une entreprise commerciale, où mon objet sera d'enrichir les imaginaires, de passer de la guerre des civilisations au respect des cultures, des environnements, des savoir-faire et des savoir-être.