des bouts du monde

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Commerce équitable

Commerce, création d'entreprise ou comment créer différemment

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 3 avril 2008

Commerce equitable à Narbonne

Ce billet ne devrait pas rester longtemps, il n'a aucun intérêt si ce n'est de voir si google va me référencer avec ces termes

Petite rectification

Le billet restera longtemps car ça me permet vraiment d'être référencé en bonne place.

J'avais donc tort, ce billet est utile.

samedi 27 octobre 2007

EQUITEXPO 2007

Depuis hier et jusqu'au 29 octobre se déroule le deuxième salon international pour un commerce équitable.
Ce salon est organisé par la communauté d'agglomération de Plaine Commune (région parisienne) et l'association MINGA (voir lien permanent).

Suivre Equitexpo pour voir le programme, les exposants...

Voici l'édito de la page de garde

{{Nous appelons ce salon «pour un commerce équitable» car l’équité dans les échanges commerciaux n’est qu’en devenir. La question et les pratiques de justice tout au long des filières commerciales sont vieilles comme le commerce mais elles sont aujourd’hui au cœur de la transformation sociale.

Le concept « commerce équitable » (« comercio justo », « fair trade ») est de plus en plus employé et médiatisé pour qualifier des alternatives économiques qui se veulent respectueuses des hommes et de leur environnement. Il s’agit là non pas d’une mode passagère « humanitaire » mais bien au contraire d’un important enjeu de société, qui nécessite un véritable débat public, démocratique et permanent.

20 000 visiteurs sont attendus pour cette seconde édition du salon qui sera ouvert gratuitement au public. La journée du lundi 29 sera dédiée aux professionnels. }}

J' y serai dimanche et lundi, on se retrouve autour d'une bière à l'Hibiscus d'Andines?

mardi 9 octobre 2007

Article du monde diplo de septembre de Christian Jacquiau

Si l'article vous à plu soutenez le monde diplomatique, journal indispensable!!!

je publie sans autorisation, si des ayant droits me le demande j'enlèverai immédiatement l'article

il est possible que certains liens ne fonctionnent pas, pour une lecture complémentaire rendez vous sur le site http://www.monde-diplomatique.fr/

Archives — Septembre 2007

Pourquoi le Sud rue dans les brancards

Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable

Leader mondial du commerce équitable, Max Havelaar prétend répondre à une demande de consommation « différente » placée sous le signe de la solidarité entre consommateurs du Nord et petits producteurs du Sud. Toutefois, l’entreprise semble effectuer un tournant « pragmatique » en se liant à de grands groupes très éloignés de ses préoccupations d’origine. Il n’est pas certain que les producteurs et les citoyens s’y retrouvent.

Par Christian Jacquiau

Comment apporter aux petits paysans pauvres un revenu qui leur permette de prendre en charge leurs besoins fondamentaux, de préserver leur environnement et de fonder des relations humaines sur d’autres valeurs que celles prônées par le « tout libéralisme » planétaire ? C’est lors de la première Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), en 1964, que l’idée « Trade not aid ! » (« le commerce, pas l’aide ») donne naissance au commerce équitable. Jusque-là réservée à une clientèle d’initiés, la vieille idée d’une relation plus juste entre le Nord et le Sud se popularise alors auprès d’un public que l’on qualifie volontiers d’« alterconsommateur ».

« Créé en tant que commerce solidaire, rappelle la sociologue Virginie Diaz Pedregal, le commerce équitable a été fortement marqué à ses débuts par l’humanisme des mouvements religieux chrétiens, ainsi que par une conception protestante de l’éthique (1). » D’essence caritative, mais influencé ultérieurement par une approche politique plus tiers-mondiste, ce commerce solidaire se transforme en acte d’opposition au système capitaliste. Il devient alors « alternatif ». Jusqu’à ce que...

« Nous étions et sommes toujours anticapitalistes, opposés aux transnationales », rappelle le prêtre ouvrier Frans van der Hoff, cofondateur en 1988 de la marque Max Havelaar (2). Pourtant, happé par la vague néolibérale, la démarche « solidaire » puis « alternative » a muté, au tournant des années 2000, jusqu’à devenir un « commerce équitable » largement dépolitisé. « L’heure n’est plus à la révolution mais à la réforme, souligne Diaz Pedregal. L’objectif du mouvement est de bonifier le système libéral en le modifiant de l’intérieur. »

Présent dans de nombreux pays du Nord et principal promoteur de cette mutation, Max Havelaar se trouve au cœur d’un vaste débat renvoyant la démarche à ses fondements, historiques et politiques. D’un côté, les tenants de la marchandisation des produits équitables. De l’autre, les promoteurs d’un modèle exigeant davantage de contenu social et environnemental tout au long des filières, au Sud comme au Nord, avec en filigrane une interpellation sur la question essentielle de la répartition des richesses. En ce sens, l’affaire du coton africain estampillé Max Havelaar – au-delà des polémiques qu’elle suscite – est emblématique du trouble que traverse le monde de l’équitable.

Du retrait de la France coloniale – ayant permis la nationalisation des filières cotonnières africaines au bénéfice des Etats émancipés – aux privatisations imposées à ceux-ci par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, conduisant de fait à la réappropriation de leurs richesses par de puissants oligopoles privés, le coton est révélateur d’une certaine instrumentalisation du commerce équitable.

La rémunération des petits paysans africains producteurs de coton est désormais fixée par le marché, où opèrent de puissants groupes financiers ou agroalimentaires, comme la société française Dagris (Développement des agro-industries du sud), détentrice d’un quasi-monopole sur le secteur cotonnier de l’Afrique de l’Ouest. Entreprise jusque-là publique, Dagris est aujourd’hui en cours de privatisation (lire « Paris brade le coton subsaharien »). « Le maintien de Dagris dans la sphère de l’Etat risquait de l’exclure de certaines privatisations, les Etats africains s’opposant fréquemment à ce que des organismes majoritairement publics contrôlent les filières cotonnières privatisées », précise un rapport du Sénat français, très favorable à sa dénationalisation, en mars 2005 (3). Désormais, la volonté du groupe de servir de confortables dividendes à ses actionnaires s’opposera à l’espérance des paysans de recevoir une équitable rémunération. Pour couper court à toute contestation, Dagris s’est tourné vers le « commerce équitable » : sur les deux cent quarante mille paysans producteurs de coton pour la société, trois mille deux cent quatre-vingts ont été sélectionnés pour bénéficier du système Max Havelaar (4). Elimination des petits paysans

Un tel compagnonnage est contesté par Mme Aminata Traoré, ex-ministre de la culture du Mali : « Le commerce équitable fait partie des solutions au drame africain, à la condition que Max Havelaar ne se mette pas avec Dagris. Dagris fait partie du problème. » Mais d’autres considérations emportent la décision de Max Havelaar. « En 2003, l’association affichait un déficit de 350 000 euros, plus 600 000 euros de dettes et un arriéré d’impôts dépassant 700 000 euros. Max Havelaar France se refait une santé financière avec la fibre textile », constate la presse française (5). De fait, l’association est aussitôt récompensée : 610 000 euros lui sont versés par le ministère des affaires étrangères français, 500 000 par le Centre pour le développement de l’entreprise (CDE). Au total, plus de 1,7 million d’euros, toutes subventions comprises, pour la seule année 2004 (6).

« Si le commerce équitable est vraiment une cause d’intérêt général, pourquoi n’est-il pas financé par l’Europe ou par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ? Pourquoi par le ministère français des affaires étrangères ? », interroge M. Michel Besson, directeur de l’association Minga. En tout cas, à peine le partenariat entre le trust cotonnier et Max Havelaar est-il scellé que Dagris, par la voix de son président, se livre dans les colonnes du quotidien Le Monde à un véritable plaidoyer pour des cultures génétiquement modifiées en Afrique (7). Un mode de production très lucratif pour les transnationales de l’agrochimie, mais ayant pour conséquence immédiate l’élimination des petits paysans.

McDonald’s, dont on connaît la violence des pratiques sociales, propose désormais du café équitable « logotisé » (8) Max Havelaar. Tout comme Starbucks, le leader mondial de l’« espresso bar » avec ses sept mille cinq cents points de vente répartis dans trente-quatre pays, que l’écrivaine Naomi Klein qualifie de « précurseur dans l’art moderne de l’horaire de travail flexible ». Accor, dont la grève des femmes de chambre a, durant de longs mois, défrayé la chronique, sert à son tour du café Max Havelaar au bar de ses hôtels. Nestlé, l’entreprise la plus boycottée par les consommateurs britanniques, revendique elle aussi son partenariat avec Max Havelaar.

Une féroce répression antisyndicale

Il n’y a dès lors plus d’obstacles pour que les produits équitables franchissent le seuil de la grande distribution, dont la politique d’approvisionnement, caractérisée par la recherche de fournisseurs socialement moins-disants, amplifie les délocalisations massives, accélère l’insécurité sociale et la précarité (9). Offres publiques d’achat (OPA), fusions, absorptions, rachats... « Sur chaque grand segment de marché, trois ou quatre firmes internationales fournissent à elles seules 80 % de l’offre vendue en hypermarché », constatent les représentants de Coopernic, la deuxième plus grande centrale d’achats européenne (10). Douwe Egberts, Kraft Foods, Nestlé, Procter & Gamble et Sara Lee se partagent ainsi le marché du café. Un phénomène de concentration qui touche également le secteur de la distribution.

Pour les détracteurs de Max Havelaar, l’approche des géants de la distribution constituerait une véritable menace. Ils en veulent pour preuve les déclarations du représentant des hypermarchés Leclerc, au moment même où plusieurs syndicats dénonçaient la « féroce politique antisyndicale » inspirée par l’enseigne à ses magasins affiliés : « Le commerce équitable ne constitue qu’un marché émergent. Avec les volumes, les fournisseurs vont pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons ainsi augmenter nos marges. » Avec l’humain (salaires et protection sociale) pour variable d’ajustement ?

« Les différents types de distribution ne sont pas nécessairement incompatibles, car ils ne conviennent pas aux mêmes types de producteurs : à petit producteur, petit magasin, à gros producteur, gros magasin », avoue un commerçant de l’équitable dont le chiffre d’affaires a été multiplié par vingt et un en cinq ans (11). Sous l’impulsion des businessmans du « charity coffee », le commerce équitable a désormais muté en commerce de l’équitable, ce que regrette le père Van der Hoff : « Dès 1990, nous étions préoccupés par la tournure que prenait le mouvement dans d’autres pays (12). Sa dimension politique a été peu à peu édulcorée, puis évincée. »

Lidl bénéficie à son tour de l’image rassurante de Max Havelaar alors qu’une campagne sans précédent est menée dans toute l’Europe autour du très révélateur Schwarz-Buch Lidl (livre noir) qui dénonce « les conditions de travail, un climat de peur parmi les salariés et des mesures répressives insupportables » dans ses magasins (13). Mais, pour Max Havelaar Allemagne – qui a vu son chiffre d’affaires progresser de 50 % pour atteindre 110 millions d’euros depuis l’arrivée de ses produits sur les rayons du distributeur à bas prix –, les critiques émises à propos des dérives du commerce équitable ne seraient pas recevables.

McDonald’s, Starbucks, Accor, Nestlé, Dagris, Leclerc, Lidl... L’expérience aurait pu aller beaucoup plus loin encore si Max Havelaar Suisse n’avait décidé de se séparer de Mme Paola Ghillani, sa directrice générale, ex-présidente de Fairtrade Labelling Organizations (FLO) (14). Peu de temps avant qu’elle ne soit distinguée par le très libéral Forum de Davos du titre envié de « global leader for tomorrow » (« leader global pour demain »), elle avait entrepris d’introduire Max Havelaar dans les services, le tourisme, la banque, les bijoux, l’électronique et même... le pétrole et les diamants (15).

« Pour traiter directement avec les producteurs, Max Havelaar n’hésite pas à organiser la disparition des petits intermédiaires locaux, ces colporteurs qui font office de commerçants ambulants en profitant de leurs déplacements pour apporter marchandises et médicaments aux villageois les plus éloignés. Il les pousse à la faillite, pour des raisons affichées d’économie et de morale. En fait, il les a fait disparaître pour prendre leur place », s’indigne Mme Anne Brochier, animatrice d’une petite structure d’aide au développement. Aux 6 centimes d’euro que les « coyotes » (intermédiaires) prenaient sur le prix d’un paquet de café se sont substitués les 5 centimes d’euros exigés par Max Havelaar.

Autre sujet de débat, la question légitime de savoir qui paye pour l’équitable ? Le consommateur, assigné en réparation des dommages subis par les petits paysans. Culpabilisé par des slogans publicitaires jouant sur le registre misérabiliste, qui tentent de lui faire oublier que ce sont les mêmes torréfacteurs et distributeurs qui, après avoir exploité et plongé des millions de petits paysans dans une misère extrême en leur imposant des prix réduits depuis tant d’années, reviennent avec cynisme sur les lieux de leurs forfaits. A peine dissimulés sous leurs tout nouveaux masques équitables, encore étiquetés made in sweat shops.

Comme les paysans payent pour être certifiés en agriculture biologique, comme les fournisseurs de la grande distribution acquittent un droit d’entrée pour être référencés, les petits producteurs pauvres doivent s’acquitter d’un quasi-« droit au référencement » auprès de FLO - Max Havelaar pour espérer être un peu moins maltraités par ceux qui achèteront leur production. Les honoraires varient d’une coopérative à l’autre, en fonction du nombre de paysans et de salariés... bien que les plus pauvres, travailleurs saisonniers, journaliers, paysans sans terre et autres précaires, aient été exclus du champ de l’équitable par le système. Le prix d’achat aux producteurs de café a été fixé une fois pour toutes, en 1998, par FLO - Max Havelaar : 0,76 euro la livre pour le robusta et 0,88 euro pour l’arabica, quel que soit par ailleurs le prix auquel il est vendu au consommateur final.

On précisera que Max Haavelar n’achète pas de produits. Il n’en vend pas non plus. Son rôle se limite à garantir aux consommateurs l’application d’un cahier des charges élaboré par FLO. Les entreprises qui diffusent les produits garantis « équitables » par Max Havelaar s’engagent à le respecter et à payer ce prix minimum aux producteurs. Sans s’engager sur les volumes... Dès lors, les entreprises qui revendiquent leurs prétendues bonnes pratiques peuvent arbitrer entre l’équitable, payé à peine plus cher, mais permettant de communiquer « responsable », et les cours du marché mondial leur garantissant d’engranger de substantiels profits. Combien d’équité dans l’équitable ? Un peu plus de 4 euros mensuels de revenu supplémentaire par paysan, selon les chiffres de Max Havelaar, sur lesquels il leur faut déduire les frais de coopérative, de transports locaux et de douane.

Vingt ans après la création de Max Havelaar, le constat de Van der Hoff est amer : « Sur le plan économique, nous nous portons un peu mieux qu’en 1988. Mais notre situation reste très précaire. Nos producteurs de café équitable gagnent en moyenne 2,18 euros par jour – moins que le minimum légal de 3,28 euros au Mexique », lui-même déjà très bas.

« Quand Rica Lewis vante les vertus équitables de ses jeans, on oublie qu’il n’y a que le coton qui est labellisé. Malongo café certifié par Max Havelaar fait aussi du non-équitable, la démarche n’est pas complète. C’est du marketing », reconnaît M. Michel-Edouard Leclerc. Seul le coton en provenance du Cameroun (tissé en Italie) ayant servi à sa fabrication (en Tunisie) mérite l’appellation « équitable ». « FLO-Cert garantit la traçabilité et la conformité de ce jean, fabriqué selon les règles établies par la convention de l’OIT Organisation internationale du trav... », tient à préciser Rica Lewis. Comme si l’équitable pouvait se résumer au seul respect de ces règles plus que minimales...

En l’état actuel, aucun label, aucune réglementation n’apportent de garanties officielles aux consommateurs d’équitable, qui doivent s’en remettre à la confiance qu’ils placent dans les acteurs du secteur. Le terme « label » ne peut en effet être utilisé qu’à la condition de répondre à une triple exigence : disposer d’un cahier des charges soumis à des contrôles indépendants, certifiés par un organisme lui-même indépendant et agréé par les pouvoirs publics. Aucune organisation du commerce équitable ne répond à ces exigences.

Les grands bénéficiaires de l’ingénierie actuelle sont avant tout les structures d’audit et les intermédiaires de la certification, avec les transnationales de l’agroalimentaire, de la torréfaction et de la distribution. Il n’en coûte en effet rien à ces dernières puisqu’elles se contentent de payer un peu plus cher une quantité infime de matières premières, réputées équitables, qu’elles s’empressent aussitôt de surfacturer à des consommateurs en quête d’équité. En l’absence d’une réglementation les définissant et en codifiant le contenu, la faiblesse des contrôles garantissant le commerce équitable prête également à toutes les controverses. En contrôlant cinquante-cinq acteurs parmi les plus représentatifs du secteur, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a observé dix-sept démarches différentes, dont certaines se caractérisent par l’absence de cahier des charges, voire de traçabilité.

Faute d’inspecteurs en nombre suffisant, le système pousse les petits paysans à se regrouper en coopératives, puis les coopératives en unions de coopératives (coopératives faîtières). Ne disposant que de deux inspecteurs indépendants pour tout le Mexique, un seul pour les autres pays, FLO-Cert en arrive à ne plus contrôler que les coopératives de coopératives, ce qui a pour effet d’éloigner un peu plus les inspecteurs de ceux qu’ils sont censés contrôler.

« La Fédération artisans du monde doit se distinguer des opérateurs commerciaux n’ayant pas d’objectifs d’éducation ou de transformation économique et pour lesquels le produit équitable prend le dessus sur la filière équitable », prône Mme Carole Reynaud-Paligot, sa présidente. Comme Minga et Nature et progrès, elle préconise une garantie basée sur le partenariat, l’autoévaluation et l’évaluation croisée.

Surmédiatisé, disposant de moyens financiers sans commune mesure avec ceux de ses concurrents, Max Havelaar se retrouve immanquablement sous les feux de la contestation. Pour autant, ses concurrents, plus petits, moins médiatiques et donc moins exposés, et n’ayant pas commis l’imprudence de se prétendre « label » – ce qu’ils ne peuvent pas davantage revendiquer —, ne sont pas pour autant à exempter de toute critique.

On voudrait croire le commerce équitable propre à juguler la domination exponentielle de ceux que Jean Ziegler nomme « les nouveaux maîtres du monde », mais glisser un paquet de café réputé équitable sur le sommet d’un chariot débordant de produits inéquitables, fabriqués le plus souvent par de quasi-esclaves dans les sous-sols du tiers-monde, peut-il suffire à satisfaire la demande d’éthique de citoyens de plus en plus avisés ?

Les déviances, abus et excès commis en son nom ne sauraient pour autant conduire à rejeter l’idée d’une véritable démarche équitable. Chaque jour, le consommateur vote pour un modèle de société productiviste, intensif, polluant et déshumanisé ou pour un type de production respectueux de l’humain, des animaux et de leur environnement. Partout des voix s’élèvent pour exiger un véritable commerce équitable, libéré de l’emprise des manipulateurs de la communication et du marketing. Les « alterconsommateurs » représenteraient déjà de 15 % à 25 % de la population (16).

« Au Japon, 25 % des foyers sont engagés dans le mouvement des coopératives de consommateurs dont font partie les fameux Teikei (17), inspirateurs des AMAP Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne françaises », explique la journaliste Noriko Hanyu. Ces modèles ne recourent pas à la publicité, n’arborent aucun logo, encore moins de label, pourtant ils tendent vers ce que pourrait être un véritable commerce équitable.

Deux logiques s’affrontent dans ce paysage tourmenté. Celle de la marque Max Havelaar et de ses partenaires commerciaux, se caractérisant par le traitement d’importants volumes de produits de niche et d’exportation (café, thé, cacao, etc.), au détriment parfois des cultures vivrières et de la souveraineté alimentaire des populations locales, et celle de réseaux du type Nature et progrès, Artisans du monde ou Minga, qu’accompagnent des milliers de sympathisants-militants, se positionnant résolument dans une approche de filières (18), de relocalisation des activités et de généralisation d’échanges véritablement équitables, au Nord comme au Sud.

Seul un cadre universel s’imposant comme la norme permettra de subordonner définitivement le commerce et l’économique à l’humain. A quand une Organisation mondiale du citoyen et de son environnement ?

Christian Jacquiau.

Economiste, auteur du livre Les coulisses du commerce équitable. Mensonges et vérités sur un petit business qui monte, Mille et une nuits, Paris, 2006.

Lire le droit de réponse du président de Max Havelaar France.

(1) Virginie Diaz Pedregal, Le Commerce équitable dans la France contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2007.

(2) Entretien croisé Frans Van der Hoff et Christian Jacquiau dans la revue Imagine demain le monde, n° 60, Bruxelles, mars-avril 2007.

(3) www.senat.fr/commiss ion/fin/collect...

(4) Trois groupements au Cameroun, cinq au Mali et quatre au Sénégal, tous certifiés Max Havelaar, réunissent respectivement mille sept cents, mille cent et quatre cent quatre-vingts producteurs de coton.

(5) Nicolas Prissette, « Les dessous du coton “équitable” », Le Journal du dimanche, Paris, 6 mars 2005, entre autres.

(6) Les diverses subventions allouées à Max Havelaar France se sont élevées à 449 998 euros en 2000, 513 895 euros en 2001, 475 382 euros en 2002, 457 031 euros en 2003, 1 713 923 euros en 2004 et 1 115 966 euros en 2005 (les chiffres de 2006 ne sont pas encore communiqués).

(7) Gilles Peltier, « Avec les OGM, réduire la fracture agricole mondiale », Le Monde, 3 février 2005.

(8) On ne peut utiliser le terme « labellisé » pour désigner Max Havelaar, qui, contrairement à ce que prétend sa communication, n’est en rien un label.

(9) Lire « Racket dans la grande distribution “à la française” », Le Monde diplomatique, décembre 2002.

(10) Coopernic regroupe Colruyt (3e distributeur belge), Rewe (2e groupe de distribution en Allemagne), Conad (2e groupe de distribution en Italie), Coop (2e groupe de distribution suisse) et Leclerc (2e groupe de distribution en France derrière Carrefour-Champion, ex-Promodès).

(11) Tristan Lecomte (société anonyme Alter Eco) dans Jean-Pierre Blanc, Ondine Bréaud et Pierre Massia (sous la dir. de), Commerce équitable et café, rébellion ou nécessaire évolution ? L’Harmattan, Paris, 2003, cité par Virginie Diaz Pedregal dans Le Commerce équitable dans la France contemporaine, op. cit.

(12) La marque Max Havelaar est présente dans une vingtaine de pays dits « du Nord » : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Royaume-Uni, Italie, Irlande, Norvège, Suède, Suisse, Canada, Danemark, Japon, Luxembourg, Etats-Unis et Pays-Bas, où elle a été fondée en 1988.

(13) Publié à l’initiative du syndicat allemand des services Ver.di ; www.attac.de

(14) FLO regroupe les initiatives nationales de Max Havelaar, porteuses de marques commerciales différentes selon les pays : Max Havelaar, Fairtrade, Transfair ou encore Rattuisemarkt.

(15) Daniel Wermus, « Les dessous du divorce entre Max Havelaar et Paola Ghillani », La Liberté, Genève, 6 avril 2005.

(16) Stéphane Lauer, « La distribution est désemparée face aux “alterconsommateurs” », Le Monde, 15 juillet 2004.

(17) Les linguistes traduisent le mot teikei par « mettre le visage du paysan sur les aliments », pour désigner ce type de relation directe entre « producteur-citoyen » et « citoyen-consommateur ».

(18) Du producteur au consommateur, en passant par les exportateurs, importateurs, transformateurs, conditionneurs, transporteurs pour arriver au commerçant. Sans oublier, à chaque étape, leurs salariés.

Édition imprimée — septembre 2007 — Pages 20 et 21

vendredi 17 août 2007

Grandes surfaces

Pour répondre à deux commentaires publiés dans l'article "là je suis énervé"

Dominique: non ce n'est pas brouillon! c'est clair j'ai mis un peu de temps à répondre mais le métier de commerçant est quelquefois (pas toujours, loin de là) prenant. merci pour votre message.

Quand à Tarentula j'ai été encore plus long à répondre.

je suis évidemment en désaccord. Je crois qu'il est illusoire de penser qu'un système tel que celui des grandes surfaces pourrait un tant soi peu faire évoluer( dans le bon sens) les mentalités et les pratiques.

Il me semble qu'il est l'exact représentation d'une évolution négative de la société.

Concentration, sur proposition de produits, oublie de la qualité (environnementale, humaine) au bénéfice du moins cher possible, travailleurs et surtout travailleuses exploitées, concentration des achats (centrales d'achat énormes), obligation d'avoir une voiture pour faire ses courses, marges arrières,uniformité des comportements de consommation...

Je pourrai en mettre des pages si je développais.

Et comme la contradiction est humaine, je vais moi aussi de temps en temps aux hypers (de moins en moins souvent)

Mais je reste persuadé que le "small is beautiful" et que la concentration, l'uniformisation n'a pas d'avenir à long terme

Lire évidemment les coulisses de la grande distribution de Jacquiau et si vous voulez aller voir et donc connaitre (parce que c'est toujours passionnant de connaitre les arguments de ceux qui pensent le contraire) un autre point de vue, tapez sur un quelconque moteur de recherche MEL et Jacquiau vous tomberez sur l'article de mel sur son blog contre Jacquiau.

Ben tiens je vais même mettre le lien, c'est beau l'ouverture:http://www.michel-edouard-leclerc.c...

Dernière minute, Pour compléter la réflexion, lisez le commentaire qui vient d'arriver d' Atika

mercredi 8 août 2007

Formation: Entreprendre un commerce équitable

Avant d'oser, j'ai été accompagné par l'équipe de quatre mats développement.

J'ai suivi la formation de l'hiver 2007, elle était passionnante et riche. Riches de rencontres, d'apport, de remue méninges, de prise de tête, de remise en question, d'avancées, de reculs... pas vraiment un long fleuve tranquille.

Mais c'est rien par rapport à quand vous vous lancerez réellement

La prochaine sera du lundi 7 janvier au vendredi 4 avril 2008 à Lorient.

Je relaie donc le message que j'ai reçu d' Emmanuel Antoine directeur de quatre mats développement.

"Vous êtes concerné-e- par la mondialisation, ses effets d’exclusion, ses risques pour l’environnement et vous êtes en même temps tenté-e- par l’aventure du commerce ?

Parce que s’engager dans une activité commerciale pour promouvoir un développement durable est un choix passionnant, mais pas facile, Quatre Mâts Développement propose la prochaine formation action "entreprendre un commerce équitable". Cette formation active accompagne votre projet pas à pas pour vous permettre de défendre vos convictions sans y laisser votre chemise."

Pour plus de renseignements, aller voir leur site (lien permanent à gauche)

mercredi 6 juin 2007

Priorité à la souveraineté alimentaire des peuples et à la préservation de la bio-diversité: COPOLCO (Brésil, 2007)

Voici la Contribution au débat du COPOLCO - Salvador de Bahia, 23 mai 2007, texte envoyé par Emmanuel Antoine, directeur de QMD (voir lien)

Norme internationale « commerce équitable »

Depuis les actions militantes des années 60 critiquant la société de consommation, les alertes lancées par la communauté scientifique à propos du réchauffement climatique, jusqu’aux appels lancés par les pouvoirs publics à la société civile au début des années 90 (la conférence de Rio en 1992), l’idée d’une consommation encourageant les modes de production attentifs à la biodiversité et aux conditions sociales a fait son chemin. Consommation qualifiée selon les approches d’« éthique », de « citoyenne », d’« équitable », de « solidaire », « responsable »

L’urgence des menaces que fait peser la crise écologique et l'aspiration des travailleurs à améliorer leur condition, en particulier dans les pays les plus pauvres, imposent de trouver les modalités d'une régulation équitable des échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Mais le poids des multinationales, dont la dotation en capital dépasse le PIB de nombreux pays, laisse peu de marge aux gouvernements – si tant est qu’ils la souhaitent – et rend la discussion difficile. La doctrine de la « libre circulation des marchandises et des capitaux » - entérinée par l’accord final de Marrakech et justifiée par la théorie des avantages comparatifs – qui attise les tensions internationales, est toujours la ligne directrice du FMI, lié à ces mêmes multinationales, de la Banque mondiale, de l’OMC et empêche tout accord multilatéral d’envergure.

Toutefois les appels à l'évolution des comportements, notamment en matière de consommation, rencontrent de plus en plus d'échos chez les consommateurs qui commencent à être mieux informés et deviennent davantage conscients des enjeux.

Pour accompagner cette demande, un certain nombre de repères commerciaux (marque, label) plus ou moins officiels ont vu le jour. Le succès rencontré par certains d'entre eux modifie parfois l’offre sur le marché sans pour autant que l'impact social et environnemental soit à la hauteur des attentes espérées.

Enfin la logique économique d’un contrôle « indépendant » et confidentiel va au détriment de la progression de la démarche qui vise à faire évoluer les pratiques professionnelles.

C’est particulièrement le cas de l’agriculture biologique où les coûts de certification, particulièrement inéquitables et à la charge des producteurs, favorisent les plus grosses productions industrielles au détriment de la diversité des modes de culture mise en oeuvre par des petits agriculteurs. Les évolutions réglementaires proposées aujourd’hui par l’Union Européenne, fondées sur le système HACCP (contrôle des « points à risque »), vont renforcer cette situation en incitant à recourir à la chimie de synthèse, voire aux OGM, pour maîtriser, suivant les normes agréées, les risques générés par les productions industrielles.

Pour atteindre des volumes conséquents, certains acteurs du commerce équitable ont choisi de passer des accords avec des multinationales de l'agro-alimentaire et de la distribution. Ils invitent le consommateur à faire confiance à un logo, sans qu’il ait aujourd'hui les moyens de vérifier ce que ce logo recouvre et la qualité de la promesse commerciale.

La référence au commerce équitable est ainsi devenue un avantage concurrentiel alors que l’accès aux informations vérifiables est confié, en toute opacité, à des « experts » agréés tenus par des engagements de confidentialité et payés par les sociétés qu’ils sont censés contrôler.

Si les consommateurs sont bernés par des promesses commerciales trompeuses, les acteurs les plus exigeants en terme de qualité de l'offre sont pénalisés et les producteurs les plus fragiles supportent les conséquences d’un système dans lequel la notoriété, c’est-à-dire la publicité, est plus importante que la justification de la promesse.

La voie la plus sérieuse pour faire évoluer les rapports marchands consiste à mobiliser les parties prenantes. La garantie que peuvent attendre les associations de consommateurs quant à la sincérité d’une offre qui met en avant son caractère équitable est liée à la possibilité qui leur est accordée de s’impliquer dans l’élaboration du cahier des charges, dans son évolution, dans son contrôle et dans la transparence de ce dernier. En particulier, l’implication des syndicats de travailleurs est indispensable à tous les niveaux de la filière ; l’équité du commerce est inséparable du respect des droits civils et sociaux.

L’initiative du COPOLCO est une bonne nouvelle. Elle permettra de réexaminer un certain nombre de débats sur le commerce équitable. Débats qui, en France, sont en passe d’être étouffés par une initiative politique brutale et maladroite avant même que la phase de concertation entre les acteurs ne soit achevée.

D’une régulation aux frontières, encore bien présente et qui maintient bon nombre de pays du Sud en fournisseurs de matières premières à bas prix, on s’achemine vers une régulation par les normes non tarifaires. Cette évolution n’est pas sans risque ; elle permet à l’acteur dominant d’une filière commerciale (celui qui perçoit l’essentiel de la valeur ajoutée) d’écarter ses « concurrents » en définissant lui-même les critères qui conditionnent l’accès au marché et de faire porter le coût de la conformité à la norme aux fournisseurs.

La conquête de nouvelles libertés et de nouveaux droits passe par la souveraineté alimentaire des peuples, c'est le premier enjeu d'un commerce équitable. A l'opposé des démarches qui visent à faire adhérer les producteurs à un modèle global de développement libéral en culpabilisant les consommateurs, l'objectif est d’agir ensemble pour promouvoir, partout et pour tous, ici et là bas, une mondialisation qui contribue à une re-localisation des économies. La question de la préservation de la biodiversité menacée notamment par l’appropriation des semences au moyen de brevet (la « brevetabilité du vivant ») est au coeur de ces enjeux.

Les problèmes sont complexes mais les priorités sont précises. La question n'est pas tant d'assurer la promotion de produits dits équitables, ni de protéger un secteur d'activité, que de définir les outils de régulation à mettre en place. Il s’agit d'assurer que ceux qui se réclament d'un commerce équitable et le mettent en avant comme argument commercial le font à juste titre et répondent effectivement aux enjeux planétaires prioritaires comme la souveraineté alimentaire des populations et la préservation de la biodiversité.

Organisation signataires :

France :

MINGA

1, quai du square - 93200 Saint Denis Tél. : (0033) 01 48 09 92 53 mail : minga.faire.ensemble@wanadoo.fr www.minga.net
__ Nature et Progrès
__

68, bd gambetta - 30700 Uzès Tél 04 66 03 23 40 mail : np@nature-et-progres.org www.natureetprogres.org

Confédération Paysanne

104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet tel +33 1 43 62 04 04 mail : contact@confederationpaysanne.fr www.confederationpaysanne.fr

__Espagne

Xarxa de Consum Solidari__ C/ Moderna, 53 08902 L' Hospitalet de Llobregat TEL: 93 432 61 82 (Extensión 23) Fax: 93 432 61 81 www.xarxaconsum.net
__ Portugal

MÓ DE VIDA COOPERATIVA__ Calçadinha da Horta, 19 2800-564 PRAGAL - ALMADA Tel | 21 272 06 41 Email | modevida@sapo.pt www.modevida.com

jeudi 31 mai 2007

Me voici. Naissance d'une petite entreprise

Mardi, j'ai fait une visite au greffe du tribunal de commerce et.................

Je suis ressorti avec le sésame.

DES BOUTS DU MONDE est né officiellement le 30 mai 2007, 17 ans, jour pour jour, après la naissance de mon fils. Amusant, certains y verront un signe, pas moi, c'est juste amusant.

J'espère qu'elle sera aussi agréable que lui, qu'elle me donnera autant de plaisirs.

Bon anniversaire Léo.

Et Bienvenue "des bouts du monde" dans ce monde de brutes, de grands méchants capitalistes, tu rejoins les autres petites entreprises qui ont galèré, qui galère encore, mais qui défendent une autre vision du commerce et par là même des échanges humains.

Pour moi le commerce équitable c'est ça, c'est pour ça que j'ai crée des bouts du monde, on n'est pas obligé d'être prédateurs quand on fait du commerce.

Encore une fois le maître mot c'est respect:

Des Hommes qui fabriquent

Des Pays, des cultures, des savoir-faire

de l'environnement

de chacun à chaque niveau de la chaine commerciale

et de soi.

C'est ambitieux, utopiste peut être, irréalisable, plein de contradictions, mais c'est un but, une envie, un espoir, une confiance.

Merci à tout ceux qui m'ont soutenu, aidé, avec qui j'ai échangé des idées, ceux que j'ai soulé...

jeudi 3 mai 2007

Norme internationale commerce équitable.L'enjeu de la souveraineté alimentaire et de la bio diversité

L'article qui suit vient directement du site de MINGA, mais comme je suis d'accord, je diffuse.

Même si nous estimons que l'enjeu d'un commerce équitable est avant tout une question de régulation du commerce, la question de la normalisation, surtout quand celle-ci ressurgit à l'initiative des associations de consommateurs internationaux, ne nous laisse pas indifférents.

Ces dernières, regroupées au sein du COPOLCO, ont saisi l'ISO. L'ISO a sollicité l'AFNOR pour conduire une enquête internationale à laquelle MINGA a répondu , les conclusions de cette étude seront présentées lors de la réunion du COPOLCO au Brésil fin mai.

Au regard des enjeux et pour ne pas laisser le champ libre au seul point de vue de FLO/ Max Havellaar et de ses « supporters » privés et publics, nous avons décidé de participer au comité de pilotage pour faire valoir nos positions.

1°) que la seule garantie à offrir aux consommateurs, est de les considérer comme partie prenante de la démarche au même titre que les syndicats. Nous devons attirer leur attention sur le fait que l'intérêt financier des organismes de contrôle « indépendant » prend le pas sur la sincérité des contrôles et la progression d'une démarche vraiment équitable. Ces mécanismes fondés sur l'adhésion à des valeurs de signes incarnés par des « logos » édifient des « niches de marché » contrôlés par des multinationales. A ce sujet l'évolution réglementaire récente de l'agrobiologie est inquiétante et significative d'une mondialisation régulée par des normes servant à préserver, voire augmenter les intérêts des multinationales de l'agroalimentaire.

2°) que la première des garanties est de rendre apparent la structure de prix d'un produit pour tous y compris pour les consommateurs !

3°) que la question de normalisation doit bien être dissociée de la question de la certification.

4°) que le « prix juste » tel qu'il est défini par les standards internationaux de FLO est une escroquerie intellectuelle et une des raisons de notre refus de l'accord AFNOR X50-350 sur le commerce équitable. Nous sommes curieux de voir comment les signataires de cet accord vont justifier cette position au plan international.

5°) que la question essentielle est pour nous la souveraineté alimentaire des peuples et le maintien de la bio diversité. La question n'est pas de « protéger un concept » déjà largement aliéné par Max Havellaar mais de savoir en quoi un commerce équitable peut répondre à ces priorités planétaires.

Le bureau de MINGA

Emmanuel Antoine (directeur et formateur à QMD, voir lien), représentera MINGA à la réunion du COPOLCO à Salvador de Bahia le 23 mai prochain

mardi 1 mai 2007

Là, je suis énervé, ou, M.E.L le roi du Commerce (équitable)

Aujourd'hui sur France Inter le sujet de l'émission "service public" était : Le commerce équitable (à l'occasion de la 7ième édition de la quinzaine du commerce équitable avec le label Max Havelaar à la cité des sciences à Paris et en région jusqu'au 13 mai 2007. dixit France Inter).

Je me suis dis tiens c'est chouette, ça tombe plutôt pas mal que l'on parle de ça à la radio alors que je viens de faire ma demande de prêt bancaire pour ma boutique.

Peut être, mon banquier, ou une de ses connaissances entendra cette émission et comprendra un peu mieux mon projet.

Peut être qu'il verra que je ne suis pas uniquement le résultat d'un mélange (entre autre) d'écolo rigolo, de libertaire utopiste, d'altermondialiste rêveur, d'hédoniste passéiste et Delermien et de gauchiste qui décidément ne comprend pas la réalité de notre monde moderne. Mais que d'autres s'engagent dans cette voie.

J'ai malheureusement vite déchanté, d'abord en voyant la liste des intervenants

Alexis Krycève (co-fondateur d'Alter Eco) qui diffusent ses produits en grandes et moyennes surfaces (même dans des GS de jardinage)

Hélène Sarfati-Leduc (chef du projet textile "Fibre citoyenne" chez Yamana) Je ne connais pas la démarche, je vais me renseigner

au téléphone: Eglantine Karl en charge des relations avec les producteurs de Café équitable Lobodis. ce qui suit est issus d'entreprise.com: La preuve, la PME bretonne surfe sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros, contre 7,6 millions en 2004, et table sur une augmentation de 50 % en 2006. Son principal atout ? Lobodis est présent sur les linéaires des hypers et des supermarchés, excepté chez Auchan et Casino. « Je joue le jeu de la grande distribution et j'en accepte les règles, comme celle des marges arrière. Le commerce équitable n'est pas un commerce assisté, affirme Olivier Bernadas. Je suis heureux de soutenir des producteurs défavorisés du Sud, mais je ne fais pas de l'humanitaire ! » Fort de son succès, le PDG a lancé une deuxième marque, Escale équitable, pour vendre du thé, du chocolat, du sucre et du riz. Un challenger pour Alter Eco ?

Et le pire le Monsieur propre du commerce: Michel Edouard Leclerc, PDG de la chaîne d'hypermarchés Leclerc (dispose d'un patrimoine estimé à 2.5 millions d'euros et d'un salaire de 2.3 millions d'euros par an) roi du commerce équitable comme chacun sait.
Je rappelle que cet humaniste a dit à propos du commerce équitable et de l'augmentation des volumes "Avec les volumes, les fournisseurs vont pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons ainsi augmenter nos marges" c'est beau un capitaliste altruiste, on dirait du Jean Marc Sylvestre

Personne du réseau MINGA (voir lien permanent),

Personne d'entreprises citoyennes qui faisaient déjà du commerce équitable quand Tristan (PDG d'Alter eco, je l'appelle par son prénom après tout on travaille dans le même créneau) n'avait pas encore fait HEC ni travaillé chez l'Oréal (Né en 1973, diplômé d'HEC Paris et de la Fondation Getulio Vargas (Sao Paulo, Brésil) en 1996. Après une première expérience professionnelle au sein du groupe L'Oréal en Corée du Sud, il à lancé Alter Eco en 1998) comme ANDINES http://www.andines.com/rubrique.php... (création en 87)


ni même personne d'Artisans du Monde (association) ou de toutes les entreprises qui respectent par leurs pratiques l'homme et l'environnement mais qui n'ont de pseudo "label" Max Havelaar.

Bon bref les cinq premières minutes et j'étais déjà énervé, donc je leur écrit sur le site et j'en profite pour lire les messages envoyés par les auditeurs.

Et j'attends, je continue à lire, et j'attends, de plus en plus de messages arrivent pour signaler l'esprit partisan de l'émission, et j'attends encore, la fin de l'émission arrive (elle dure une heure, ce n'est pas juste une virgule, ou un éditorial) et aucune allusion n'a été faite sur les réflexions des auditeurs sur les marges arrières de la grande distribution, sur le créneau CE, sur le positionnement des GMS, sur le choix des invités, sur une autre vision du CE, sur le CE partout, nord sud, nord nord, sud sud..., sur la nécessité de penser environnement ET équité.

Pour vous rendre compte, je met le lien vers les messages des auditeurs http://www.radiofrance.fr/franceint... mais je ne suis pas certain qu'il sera disponible très longtemps.
J'en insère aussi ici quelques uns

Franck 01/05/2007 9h39 Commerce équitable = Max Havelaar ? Lisez "Les coulisses du commerce équitable - Mensonges et vérités sur un petit business qui monte" de Christian Jacquiau pour se faire une toute autre idée de cette enseigne dite équitable. Je prends l'émission en cours : dommage que MINGA (http://www.minga.net/) ne soit pas représentée. Peut-être qu'elle porte un message trop critique en la matière ! N'oublions pas que le commerce équitable se ne sont pas simplement des rapports Nord-Sud mais aussi Nord-Nord (ex Amap).

anny chapuis 01/05/2007 9h43 je m'étonne que vous n'ayez personne parmi vos invités qui représente Artisans du monde (ou je suis bénévole) et qui est la premiére association de commerce équitable et qui refuse de travailler avec les grandes surfaces

MG 01/05/2007 9h48 Est-il vraiment "Éthique" de faire venir de l'autre bout du monde, à grand frais et en poluant, du riz alors qu'on en produit en France ? => ajouter un critère "écologie" => élargir le commerce équitable à tous les domaines de la société contre le dogme de la "compétition" et de la "competivité"

Refuald 01/05/2007 10h12 Quand on voit comment sont maltraitées et mal payées les caissières de supermarchés français (rapport à une de vos émissions il y a quelques semaines), est-ce vraiment équitable de faire croire qu'on est un saint Bernard de la consommation ?

Francis 01/05/2007 10h12 Pourquoi interroger M Leclerc? Il n'est responsable de rien et rejette toujours toute faute sur ses gérants... J'ai quelques exemples à ce sujet.

fanny 01/05/2007 10h15 si l'on compare le salaire de M E leclerc et celui du paysan du Laos, nous pouvons quand même nous demander où est l'équité...

Fred 01/05/2007 10h18 ME Leclerc prend les auditeurs pour des cons ! De la même manière que ses publicités prétendent qu'il ne se soucie que du pouvoir d'achat de ses clients, il tente aujourd'hui de nous faire croire que son attitude est éthique et non opportuniste. On rit jaune !!!

Ouaih on rit jaune, enfin moi je ris pas du tout, c'est pas gagné tout ça!!!
Allez j'arrête, c'est pas bien de s'énerver le premier mai, Profitez bien du seul jour chômé réellement prévu par la loi, et merde aux cons.

Au fait l'émission s'appelle "service public", je rêve...

lundi 30 avril 2007

La vie est une affaire de choix

Suite à un commentaire de ben sur l'article "roses et kérosène", je lui répond ici car le texte est un peu long pour un commentaire (et il s'adresse à tous)

1501petit.BMP je sais, l'image ne correspond pas, ce n'est pas une rose, c'est une orchidée (Cephalanthere) que j'ai vu hier et que je n'avais pas vu depuis longtemps, elle est belle quand même non?

Pour ma part je ne suis pas totalement opposé à l'importation de produits d'un des autres bouts du monde, sinon je ne projetterais pas de faire ce métier. Mais je penses que c'est une réflexion à mettre dans une balance les arguments positifs et négatifs, puis de choisir en (j'aime plus trop ce mot qui est un peu sur utilisé, pourtant je l'appréciais quand j'étais objecteur de...)conscience.

Par exemple je fais le choix de ne pas faire venir des pommes ou du jus de pommes du Chili ou d'Argentine quand des producteurs locaux de qualité ont du mal à écouler leur production. Par contre je choisi d'importer du café de Colombie (de qualité, sinon cela n'a aucun intérêt) parce que jusqu'à présent je ne crois pas que le café pousse ici.

Ce n'est surtout pas une question protectionniste et nationaliste, c'est juste ce qui me semble logique.

Alors on va me répondre qu'il n'y a aucune raison de travailler avec des entreprises qui travaillent avec le Népal ou le Vietnam, pour des vêtements ou de l'art de la table, alors qu'il y a des entreprises françaises qui pourraient les fabriquer.

Et là on ouvre la boite de Pandore. Si je prends l'exemple du coton bio, les questions que l'on peut se poser sont:

ou est cultivé le coton?

comment et par qui ?

comment voyage t'il jusqu'à chez nous ?

dans quelles conditions est il transformé en tissus ?

dans quelles conditions est il transformé en vêtement ?

quelles sont les répartitions des marges, charges tout au long de la filière ?

y' a t'il un savoir faire particulier, une technique, une histoire liée au produits, aux travailleurs, aux pays...?

Et j'en oublie certainement beaucoup, après on réfléchit et on fait son choix.?

La vie est une affaire de choix et de respect, mais ils ne peuvent être possibles qu'en connaissance de cause, sinon c'est un non choix, c'est Panurge qui nous rend visite.


Au fait dimanche y'a un autre choix à faire, faites le bon !!!

- page 2 de 3 -