Ce billet ne devrait pas rester longtemps, il n'a aucun
intérêt si ce n'est de voir si google va me référencer avec ces
termes
Petite rectification
Le billet restera longtemps car ça me permet vraiment d'être référencé en bonne
place.
J'avais donc tort, ce billet est utile.
Commerce équitable
Commerce, création d'entreprise ou comment créer différemment
jeudi 3 avril 2008
Commerce equitable à Narbonne
Par Yann le jeudi 3 avril 2008, 17:49
samedi 27 octobre 2007
EQUITEXPO 2007
Par Yann le samedi 27 octobre 2007, 10:18
Depuis hier et jusqu'au 29 octobre se déroule le deuxième salon
international pour un commerce équitable.
Ce salon est organisé par la communauté d'agglomération de Plaine Commune
(région parisienne) et l'association MINGA (voir lien permanent).
Suivre Equitexpo pour voir le programme, les exposants...
Voici l'édito de la page de garde
{{Nous appelons ce salon «pour un commerce équitable» car l’équité dans les échanges commerciaux n’est qu’en devenir. La question et les pratiques de justice tout au long des filières commerciales sont vieilles comme le commerce mais elles sont aujourd’hui au cœur de la transformation sociale.
Le concept « commerce équitable » (« comercio justo », « fair trade ») est de plus en plus employé et médiatisé pour qualifier des alternatives économiques qui se veulent respectueuses des hommes et de leur environnement. Il s’agit là non pas d’une mode passagère « humanitaire » mais bien au contraire d’un important enjeu de société, qui nécessite un véritable débat public, démocratique et permanent.
20 000 visiteurs sont attendus pour cette seconde édition du salon qui sera
ouvert gratuitement au public. La journée du lundi 29 sera dédiée aux
professionnels. }}
J' y serai dimanche et lundi, on se retrouve autour d'une bière à l'Hibiscus
d'Andines?

mardi 9 octobre 2007
Article du monde diplo de septembre de Christian Jacquiau
Par Yann le mardi 9 octobre 2007, 16:22
Si l'article vous à plu soutenez le monde diplomatique, journal
indispensable!!!
je publie sans autorisation, si des ayant droits me le demande j'enlèverai
immédiatement l'article
il est possible que certains liens ne fonctionnent pas, pour une lecture
complémentaire rendez vous sur le site http://www.monde-diplomatique.fr/
Archives — Septembre 2007
Pourquoi le Sud rue dans les brancards
Max Havelaar ou les ambiguïtés du commerce équitable
Leader mondial du commerce équitable, Max Havelaar prétend répondre à une
demande de consommation « différente » placée sous le signe de la
solidarité entre consommateurs du Nord et petits producteurs du Sud. Toutefois,
l’entreprise semble effectuer un tournant « pragmatique » en se liant
à de grands groupes très éloignés de ses préoccupations d’origine. Il n’est pas
certain que les producteurs et les citoyens s’y retrouvent.
Par Christian Jacquiau
Comment apporter aux petits paysans pauvres un revenu qui leur permette de
prendre en charge leurs besoins fondamentaux, de préserver leur environnement
et de fonder des relations humaines sur d’autres valeurs que celles prônées par
le « tout libéralisme » planétaire ? C’est lors de la première
Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), en
1964, que l’idée « Trade not aid ! » (« le commerce, pas l’aide
») donne naissance au commerce équitable. Jusque-là réservée à une clientèle
d’initiés, la vieille idée d’une relation plus juste entre le Nord et le Sud se
popularise alors auprès d’un public que l’on qualifie volontiers
d’« alterconsommateur ».
« Créé en tant que commerce solidaire, rappelle la sociologue Virginie
Diaz Pedregal, le commerce équitable a été fortement marqué à ses débuts par
l’humanisme des mouvements religieux chrétiens, ainsi que par une conception
protestante de l’éthique (1). » D’essence caritative, mais influencé
ultérieurement par une approche politique plus tiers-mondiste, ce commerce
solidaire se transforme en acte d’opposition au système capitaliste. Il devient
alors « alternatif ». Jusqu’à ce que...
« Nous étions et sommes toujours anticapitalistes, opposés aux
transnationales », rappelle le prêtre ouvrier Frans van der Hoff, cofondateur
en 1988 de la marque Max Havelaar (2). Pourtant, happé par la vague
néolibérale, la démarche « solidaire » puis « alternative »
a muté, au tournant des années 2000, jusqu’à devenir un « commerce
équitable » largement dépolitisé. « L’heure n’est plus à la
révolution mais à la réforme, souligne Diaz Pedregal. L’objectif du mouvement
est de bonifier le système libéral en le modifiant de l’intérieur. »
Présent dans de nombreux pays du Nord et principal promoteur de cette
mutation, Max Havelaar se trouve au cœur d’un vaste débat renvoyant la démarche
à ses fondements, historiques et politiques. D’un côté, les tenants de la
marchandisation des produits équitables. De l’autre, les promoteurs d’un modèle
exigeant davantage de contenu social et environnemental tout au long des
filières, au Sud comme au Nord, avec en filigrane une interpellation sur la
question essentielle de la répartition des richesses. En ce sens, l’affaire du
coton africain estampillé Max Havelaar – au-delà des polémiques qu’elle suscite
– est emblématique du trouble que traverse le monde de l’équitable.
Du retrait de la France coloniale – ayant permis la nationalisation des
filières cotonnières africaines au bénéfice des Etats émancipés – aux
privatisations imposées à ceux-ci par le Fonds monétaire international (FMI) et
la Banque mondiale, conduisant de fait à la réappropriation de leurs richesses
par de puissants oligopoles privés, le coton est révélateur d’une certaine
instrumentalisation du commerce équitable.
La rémunération des petits paysans africains producteurs de coton est
désormais fixée par le marché, où opèrent de puissants groupes financiers ou
agroalimentaires, comme la société française Dagris (Développement des
agro-industries du sud), détentrice d’un quasi-monopole sur le secteur
cotonnier de l’Afrique de l’Ouest. Entreprise jusque-là publique, Dagris est
aujourd’hui en cours de privatisation (lire « Paris brade le coton
subsaharien »). « Le maintien de Dagris dans la sphère de l’Etat risquait
de l’exclure de certaines privatisations, les Etats africains s’opposant
fréquemment à ce que des organismes majoritairement publics contrôlent les
filières cotonnières privatisées », précise un rapport du Sénat français, très
favorable à sa dénationalisation, en mars 2005 (3). Désormais, la volonté du
groupe de servir de confortables dividendes à ses actionnaires s’opposera à
l’espérance des paysans de recevoir une équitable rémunération. Pour couper
court à toute contestation, Dagris s’est tourné vers le « commerce
équitable » : sur les deux cent quarante mille paysans producteurs de
coton pour la société, trois mille deux cent quatre-vingts ont été sélectionnés
pour bénéficier du système Max Havelaar (4). Elimination des petits
paysans
Un tel compagnonnage est contesté par Mme Aminata Traoré, ex-ministre de la
culture du Mali : « Le commerce équitable fait partie des solutions
au drame africain, à la condition que Max Havelaar ne se mette pas avec Dagris.
Dagris fait partie du problème. » Mais d’autres considérations emportent
la décision de Max Havelaar. « En 2003, l’association affichait un déficit
de 350 000 euros, plus 600 000 euros de dettes et un arriéré d’impôts dépassant
700 000 euros. Max Havelaar France se refait une santé financière avec la fibre
textile », constate la presse française (5). De fait, l’association est
aussitôt récompensée : 610 000 euros lui sont versés par le ministère des
affaires étrangères français, 500 000 par le Centre pour le développement de
l’entreprise (CDE). Au total, plus de 1,7 million d’euros, toutes subventions
comprises, pour la seule année 2004 (6).
« Si le commerce équitable est vraiment une cause d’intérêt général,
pourquoi n’est-il pas financé par l’Europe ou par l’Organisation des Nations
unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ? Pourquoi par le
ministère français des affaires étrangères ? », interroge M. Michel
Besson, directeur de l’association Minga. En tout cas, à peine le partenariat
entre le trust cotonnier et Max Havelaar est-il scellé que Dagris, par la voix
de son président, se livre dans les colonnes du quotidien Le Monde à un
véritable plaidoyer pour des cultures génétiquement modifiées en Afrique (7).
Un mode de production très lucratif pour les transnationales de l’agrochimie,
mais ayant pour conséquence immédiate l’élimination des petits paysans.
McDonald’s, dont on connaît la violence des pratiques sociales, propose
désormais du café équitable « logotisé » (8) Max Havelaar. Tout comme
Starbucks, le leader mondial de l’« espresso bar » avec ses sept
mille cinq cents points de vente répartis dans trente-quatre pays, que
l’écrivaine Naomi Klein qualifie de « précurseur dans l’art moderne de
l’horaire de travail flexible ». Accor, dont la grève des femmes de chambre a,
durant de longs mois, défrayé la chronique, sert à son tour du café Max
Havelaar au bar de ses hôtels. Nestlé, l’entreprise la plus boycottée par les
consommateurs britanniques, revendique elle aussi son partenariat avec Max
Havelaar.
Une féroce répression antisyndicale
Il n’y a dès lors plus d’obstacles pour que les produits équitables
franchissent le seuil de la grande distribution, dont la politique
d’approvisionnement, caractérisée par la recherche de fournisseurs socialement
moins-disants, amplifie les délocalisations massives, accélère l’insécurité
sociale et la précarité (9). Offres publiques d’achat (OPA), fusions,
absorptions, rachats... « Sur chaque grand segment de marché, trois ou
quatre firmes internationales fournissent à elles seules 80 % de l’offre vendue
en hypermarché », constatent les représentants de Coopernic, la deuxième plus
grande centrale d’achats européenne (10). Douwe Egberts, Kraft Foods, Nestlé,
Procter & Gamble et Sara Lee se partagent ainsi le marché du café. Un
phénomène de concentration qui touche également le secteur de la
distribution.
Pour les détracteurs de Max Havelaar, l’approche des géants de la
distribution constituerait une véritable menace. Ils en veulent pour preuve les
déclarations du représentant des hypermarchés Leclerc, au moment même où
plusieurs syndicats dénonçaient la « féroce politique antisyndicale »
inspirée par l’enseigne à ses magasins affiliés : « Le commerce
équitable ne constitue qu’un marché émergent. Avec les volumes, les
fournisseurs vont pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons
ainsi augmenter nos marges. » Avec l’humain (salaires et protection
sociale) pour variable d’ajustement ?
« Les différents types de distribution ne sont pas nécessairement
incompatibles, car ils ne conviennent pas aux mêmes types de producteurs :
à petit producteur, petit magasin, à gros producteur, gros magasin », avoue un
commerçant de l’équitable dont le chiffre d’affaires a été multiplié par vingt
et un en cinq ans (11). Sous l’impulsion des businessmans du « charity
coffee », le commerce équitable a désormais muté en commerce de l’équitable, ce
que regrette le père Van der Hoff : « Dès 1990, nous étions
préoccupés par la tournure que prenait le mouvement dans d’autres pays (12). Sa
dimension politique a été peu à peu édulcorée, puis évincée. »
Lidl bénéficie à son tour de l’image rassurante de Max Havelaar alors qu’une
campagne sans précédent est menée dans toute l’Europe autour du très révélateur
Schwarz-Buch Lidl (livre noir) qui dénonce « les conditions de travail, un
climat de peur parmi les salariés et des mesures répressives
insupportables » dans ses magasins (13). Mais, pour Max Havelaar Allemagne
– qui a vu son chiffre d’affaires progresser de 50 % pour atteindre 110
millions d’euros depuis l’arrivée de ses produits sur les rayons du
distributeur à bas prix –, les critiques émises à propos des dérives du
commerce équitable ne seraient pas recevables.
McDonald’s, Starbucks, Accor, Nestlé, Dagris, Leclerc, Lidl... L’expérience
aurait pu aller beaucoup plus loin encore si Max Havelaar Suisse n’avait décidé
de se séparer de Mme Paola Ghillani, sa directrice générale, ex-présidente de
Fairtrade Labelling Organizations (FLO) (14). Peu de temps avant qu’elle ne
soit distinguée par le très libéral Forum de Davos du titre envié de
« global leader for tomorrow » (« leader global pour demain »),
elle avait entrepris d’introduire Max Havelaar dans les services, le tourisme,
la banque, les bijoux, l’électronique et même... le pétrole et les diamants
(15).
« Pour traiter directement avec les producteurs, Max Havelaar n’hésite
pas à organiser la disparition des petits intermédiaires locaux, ces
colporteurs qui font office de commerçants ambulants en profitant de leurs
déplacements pour apporter marchandises et médicaments aux villageois les plus
éloignés. Il les pousse à la faillite, pour des raisons affichées d’économie et
de morale. En fait, il les a fait disparaître pour prendre leur place »,
s’indigne Mme Anne Brochier, animatrice d’une petite structure d’aide au
développement. Aux 6 centimes d’euro que les « coyotes »
(intermédiaires) prenaient sur le prix d’un paquet de café se sont substitués
les 5 centimes d’euros exigés par Max Havelaar.
Autre sujet de débat, la question légitime de savoir qui paye pour
l’équitable ? Le consommateur, assigné en réparation des dommages subis
par les petits paysans. Culpabilisé par des slogans publicitaires jouant sur le
registre misérabiliste, qui tentent de lui faire oublier que ce sont les mêmes
torréfacteurs et distributeurs qui, après avoir exploité et plongé des millions
de petits paysans dans une misère extrême en leur imposant des prix réduits
depuis tant d’années, reviennent avec cynisme sur les lieux de leurs forfaits.
A peine dissimulés sous leurs tout nouveaux masques équitables, encore
étiquetés made in sweat shops.
Comme les paysans payent pour être certifiés en agriculture biologique,
comme les fournisseurs de la grande distribution acquittent un droit d’entrée
pour être référencés, les petits producteurs pauvres doivent s’acquitter d’un
quasi-« droit au référencement » auprès de FLO - Max Havelaar pour
espérer être un peu moins maltraités par ceux qui achèteront leur production.
Les honoraires varient d’une coopérative à l’autre, en fonction du nombre de
paysans et de salariés... bien que les plus pauvres, travailleurs saisonniers,
journaliers, paysans sans terre et autres précaires, aient été exclus du champ
de l’équitable par le système. Le prix d’achat aux producteurs de café a été
fixé une fois pour toutes, en 1998, par FLO - Max Havelaar : 0,76 euro la
livre pour le robusta et 0,88 euro pour l’arabica, quel que soit par ailleurs
le prix auquel il est vendu au consommateur final.
On précisera que Max Haavelar n’achète pas de produits. Il n’en vend pas non
plus. Son rôle se limite à garantir aux consommateurs l’application d’un cahier
des charges élaboré par FLO. Les entreprises qui diffusent les produits
garantis « équitables » par Max Havelaar s’engagent à le respecter et
à payer ce prix minimum aux producteurs. Sans s’engager sur les volumes... Dès
lors, les entreprises qui revendiquent leurs prétendues bonnes pratiques
peuvent arbitrer entre l’équitable, payé à peine plus cher, mais permettant de
communiquer « responsable », et les cours du marché mondial leur
garantissant d’engranger de substantiels profits. Combien d’équité dans
l’équitable ? Un peu plus de 4 euros mensuels de revenu supplémentaire par
paysan, selon les chiffres de Max Havelaar, sur lesquels il leur faut déduire
les frais de coopérative, de transports locaux et de douane.
Vingt ans après la création de Max Havelaar, le constat de Van der Hoff est
amer : « Sur le plan économique, nous nous portons un peu mieux qu’en
1988. Mais notre situation reste très précaire. Nos producteurs de café
équitable gagnent en moyenne 2,18 euros par jour – moins que le minimum légal
de 3,28 euros au Mexique », lui-même déjà très bas.
« Quand Rica Lewis vante les vertus équitables de ses jeans, on oublie
qu’il n’y a que le coton qui est labellisé. Malongo café certifié par Max
Havelaar fait aussi du non-équitable, la démarche n’est pas complète. C’est du
marketing », reconnaît M. Michel-Edouard Leclerc. Seul le coton en provenance
du Cameroun (tissé en Italie) ayant servi à sa fabrication (en Tunisie) mérite
l’appellation « équitable ». « FLO-Cert garantit la traçabilité et la
conformité de ce jean, fabriqué selon les règles établies par la convention de
l’OIT Organisation internationale du
trav... », tient à préciser Rica Lewis. Comme si l’équitable pouvait se
résumer au seul respect de ces règles plus que minimales...
En l’état actuel, aucun label, aucune réglementation n’apportent de
garanties officielles aux consommateurs d’équitable, qui doivent s’en remettre
à la confiance qu’ils placent dans les acteurs du secteur. Le terme
« label » ne peut en effet être utilisé qu’à la condition de répondre
à une triple exigence : disposer d’un cahier des charges soumis à des
contrôles indépendants, certifiés par un organisme lui-même indépendant et
agréé par les pouvoirs publics. Aucune organisation du commerce équitable ne
répond à ces exigences.
Les grands bénéficiaires de l’ingénierie actuelle sont avant tout les
structures d’audit et les intermédiaires de la certification, avec les
transnationales de l’agroalimentaire, de la torréfaction et de la distribution.
Il n’en coûte en effet rien à ces dernières puisqu’elles se contentent de payer
un peu plus cher une quantité infime de matières premières, réputées
équitables, qu’elles s’empressent aussitôt de surfacturer à des consommateurs
en quête d’équité. En l’absence d’une réglementation les définissant et en
codifiant le contenu, la faiblesse des contrôles garantissant le commerce
équitable prête également à toutes les controverses. En contrôlant
cinquante-cinq acteurs parmi les plus représentatifs du secteur, la direction
générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes
(DGCCRF) a observé dix-sept démarches différentes, dont certaines se
caractérisent par l’absence de cahier des charges, voire de traçabilité.
Faute d’inspecteurs en nombre suffisant, le système pousse les petits
paysans à se regrouper en coopératives, puis les coopératives en unions de
coopératives (coopératives faîtières). Ne disposant que de deux inspecteurs
indépendants pour tout le Mexique, un seul pour les autres pays, FLO-Cert en
arrive à ne plus contrôler que les coopératives de coopératives, ce qui a pour
effet d’éloigner un peu plus les inspecteurs de ceux qu’ils sont censés
contrôler.
« La Fédération artisans du monde doit se distinguer des opérateurs
commerciaux n’ayant pas d’objectifs d’éducation ou de transformation économique
et pour lesquels le produit équitable prend le dessus sur la filière équitable
», prône Mme Carole Reynaud-Paligot, sa présidente. Comme Minga et Nature et
progrès, elle préconise une garantie basée sur le partenariat, l’autoévaluation
et l’évaluation croisée.
Surmédiatisé, disposant de moyens financiers sans commune mesure avec ceux
de ses concurrents, Max Havelaar se retrouve immanquablement sous les feux de
la contestation. Pour autant, ses concurrents, plus petits, moins médiatiques
et donc moins exposés, et n’ayant pas commis l’imprudence de se prétendre
« label » – ce qu’ils ne peuvent pas davantage revendiquer —, ne sont
pas pour autant à exempter de toute critique.
On voudrait croire le commerce équitable propre à juguler la domination
exponentielle de ceux que Jean Ziegler nomme « les nouveaux maîtres du
monde », mais glisser un paquet de café réputé équitable sur le sommet d’un
chariot débordant de produits inéquitables, fabriqués le plus souvent par de
quasi-esclaves dans les sous-sols du tiers-monde, peut-il suffire à satisfaire
la demande d’éthique de citoyens de plus en plus avisés ?
Les déviances, abus et excès commis en son nom ne sauraient pour autant
conduire à rejeter l’idée d’une véritable démarche équitable. Chaque jour, le
consommateur vote pour un modèle de société productiviste, intensif, polluant
et déshumanisé ou pour un type de production respectueux de l’humain, des
animaux et de leur environnement. Partout des voix s’élèvent pour exiger un
véritable commerce équitable, libéré de l’emprise des manipulateurs de la
communication et du marketing. Les « alterconsommateurs »
représenteraient déjà de 15 % à 25 % de la population (16).
« Au Japon, 25 % des foyers sont engagés dans le mouvement des
coopératives de consommateurs dont font partie les fameux Teikei (17),
inspirateurs des AMAP Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne
françaises », explique la journaliste Noriko Hanyu. Ces modèles ne recourent
pas à la publicité, n’arborent aucun logo, encore moins de label, pourtant ils
tendent vers ce que pourrait être un véritable commerce équitable.
Deux logiques s’affrontent dans ce paysage tourmenté. Celle de la marque Max
Havelaar et de ses partenaires commerciaux, se caractérisant par le traitement
d’importants volumes de produits de niche et d’exportation (café, thé, cacao,
etc.), au détriment parfois des cultures vivrières et de la souveraineté
alimentaire des populations locales, et celle de réseaux du type Nature et
progrès, Artisans du monde ou Minga, qu’accompagnent des milliers de
sympathisants-militants, se positionnant résolument dans une approche de
filières (18), de relocalisation des activités et de généralisation d’échanges
véritablement équitables, au Nord comme au Sud.
Seul un cadre universel s’imposant comme la norme permettra de subordonner
définitivement le commerce et l’économique à l’humain. A quand une Organisation
mondiale du citoyen et de son environnement ?
Christian Jacquiau.
Economiste, auteur du livre Les coulisses du commerce équitable. Mensonges
et vérités sur un petit business qui monte, Mille et une nuits, Paris,
2006.
Lire le droit de réponse du président de Max Havelaar France.
(1) Virginie Diaz Pedregal, Le Commerce équitable dans la France contemporaine, L’Harmattan, Paris, 2007.
(2) Entretien croisé Frans Van der Hoff et Christian Jacquiau dans la revue Imagine demain le monde, n° 60, Bruxelles, mars-avril 2007.
(3) www.senat.fr/commiss ion/fin/collect...
(4) Trois groupements au Cameroun, cinq au Mali et quatre au Sénégal, tous certifiés Max Havelaar, réunissent respectivement mille sept cents, mille cent et quatre cent quatre-vingts producteurs de coton.
(5) Nicolas Prissette, « Les dessous du coton “équitable” », Le Journal du dimanche, Paris, 6 mars 2005, entre autres.
(6) Les diverses subventions allouées à Max Havelaar France se sont élevées à 449 998 euros en 2000, 513 895 euros en 2001, 475 382 euros en 2002, 457 031 euros en 2003, 1 713 923 euros en 2004 et 1 115 966 euros en 2005 (les chiffres de 2006 ne sont pas encore communiqués).
(7) Gilles Peltier, « Avec les OGM, réduire la fracture agricole mondiale », Le Monde, 3 février 2005.
(8) On ne peut utiliser le terme « labellisé » pour désigner Max Havelaar, qui, contrairement à ce que prétend sa communication, n’est en rien un label.
(9) Lire « Racket dans la grande distribution “à la française” », Le Monde diplomatique, décembre 2002.
(10) Coopernic regroupe Colruyt (3e distributeur belge), Rewe (2e groupe de distribution en Allemagne), Conad (2e groupe de distribution en Italie), Coop (2e groupe de distribution suisse) et Leclerc (2e groupe de distribution en France derrière Carrefour-Champion, ex-Promodès).
(11) Tristan Lecomte (société anonyme Alter Eco) dans Jean-Pierre Blanc, Ondine Bréaud et Pierre Massia (sous la dir. de), Commerce équitable et café, rébellion ou nécessaire évolution ? L’Harmattan, Paris, 2003, cité par Virginie Diaz Pedregal dans Le Commerce équitable dans la France contemporaine, op. cit.
(12) La marque Max Havelaar est présente dans une vingtaine de pays dits « du Nord » : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Royaume-Uni, Italie, Irlande, Norvège, Suède, Suisse, Canada, Danemark, Japon, Luxembourg, Etats-Unis et Pays-Bas, où elle a été fondée en 1988.
(13) Publié à l’initiative du syndicat allemand des services Ver.di ; www.attac.de
(14) FLO regroupe les initiatives nationales de Max Havelaar, porteuses de marques commerciales différentes selon les pays : Max Havelaar, Fairtrade, Transfair ou encore Rattuisemarkt.
(15) Daniel Wermus, « Les dessous du divorce entre Max Havelaar et Paola Ghillani », La Liberté, Genève, 6 avril 2005.
(16) Stéphane Lauer, « La distribution est désemparée face aux “alterconsommateurs” », Le Monde, 15 juillet 2004.
(17) Les linguistes traduisent le mot teikei par « mettre le visage du paysan sur les aliments », pour désigner ce type de relation directe entre « producteur-citoyen » et « citoyen-consommateur ».
(18) Du producteur au consommateur, en passant par les exportateurs, importateurs, transformateurs, conditionneurs, transporteurs pour arriver au commerçant. Sans oublier, à chaque étape, leurs salariés.
Édition imprimée — septembre 2007 — Pages 20 et 21
vendredi 17 août 2007
Grandes surfaces
Par Yann le vendredi 17 août 2007, 18:00
Pour répondre à deux commentaires publiés dans l'article "là je suis
énervé"
Dominique: non ce n'est pas brouillon! c'est clair j'ai mis un peu de temps
à répondre mais le métier de commerçant est quelquefois (pas toujours, loin de
là) prenant. merci pour votre message.
Quand à Tarentula j'ai été encore plus long à répondre.
je suis évidemment en désaccord. Je crois qu'il est illusoire de penser
qu'un système tel que celui des grandes surfaces pourrait un tant soi peu faire
évoluer( dans le bon sens) les mentalités et les pratiques.
Il me semble qu'il est l'exact représentation d'une évolution négative de la
société.
Concentration, sur proposition de produits, oublie de la qualité
(environnementale, humaine) au bénéfice du moins cher possible, travailleurs et
surtout travailleuses exploitées, concentration des achats (centrales d'achat
énormes), obligation d'avoir une voiture pour faire ses courses, marges
arrières,uniformité des comportements de consommation...
Je pourrai en mettre des pages si je développais.
Et comme la contradiction est humaine, je vais moi aussi de temps en temps
aux hypers (de moins en moins souvent)
Mais je reste persuadé que le "small is beautiful" et que la concentration,
l'uniformisation n'a pas d'avenir à long terme
Lire évidemment les coulisses de la grande distribution de Jacquiau et si
vous voulez aller voir et donc connaitre (parce que c'est toujours passionnant
de connaitre les arguments de ceux qui pensent le contraire) un autre point de
vue, tapez sur un quelconque moteur de recherche MEL et Jacquiau vous tomberez
sur l'article de mel sur son blog contre Jacquiau.
Ben tiens je vais même mettre le lien, c'est beau l'ouverture:http://www.michel-edouard-leclerc.c...
Dernière minute, Pour compléter la réflexion, lisez le commentaire qui vient d'arriver d' Atika
mercredi 8 août 2007
Formation: Entreprendre un commerce équitable
Par Yann le mercredi 8 août 2007, 18:32
Avant d'oser, j'ai été accompagné par l'équipe de quatre mats
développement.
J'ai suivi la formation de l'hiver 2007, elle était passionnante et riche.
Riches de rencontres, d'apport, de remue méninges, de prise de tête, de remise
en question, d'avancées, de reculs... pas vraiment un long fleuve
tranquille.
Mais c'est rien par rapport à quand vous vous lancerez réellement
La prochaine sera du lundi 7 janvier au vendredi 4 avril 2008 à
Lorient.
Je relaie donc le message que j'ai reçu d' Emmanuel Antoine directeur
de quatre mats développement.
"Vous êtes concerné-e- par la mondialisation, ses effets d’exclusion, ses risques pour l’environnement et vous êtes en même temps tenté-e- par l’aventure du commerce ?
Parce que s’engager dans une activité commerciale pour promouvoir un
développement durable est un choix passionnant, mais pas facile, Quatre Mâts
Développement propose la prochaine formation action "entreprendre un commerce
équitable". Cette formation active accompagne votre projet pas à pas pour vous
permettre de défendre vos convictions sans y laisser votre chemise."
Pour plus de renseignements, aller voir leur site (lien permanent à gauche)
mercredi 6 juin 2007
Priorité à la souveraineté alimentaire des peuples et à la préservation de la bio-diversité: COPOLCO (Brésil, 2007)
Par Yann le mercredi 6 juin 2007, 13:37
Voici la Contribution au débat du COPOLCO - Salvador de Bahia, 23 mai 2007,
texte envoyé par Emmanuel Antoine, directeur de QMD (voir lien)
Norme internationale « commerce équitable »
Depuis les actions militantes des années 60 critiquant la société de
consommation, les alertes lancées par la communauté scientifique à propos du
réchauffement climatique, jusqu’aux appels lancés par les pouvoirs publics à la
société civile au début des années 90 (la conférence de Rio en 1992), l’idée
d’une consommation encourageant les modes de production attentifs à la
biodiversité et aux conditions sociales a fait son chemin. Consommation
qualifiée selon les approches d’« éthique », de « citoyenne »,
d’« équitable », de « solidaire », « responsable »
L’urgence des menaces que fait peser la crise écologique et l'aspiration des
travailleurs à améliorer leur condition, en particulier dans les pays les plus
pauvres, imposent de trouver les modalités d'une régulation équitable des
échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Mais le poids des multinationales,
dont la dotation en capital dépasse le PIB de nombreux pays, laisse peu de
marge aux gouvernements – si tant est qu’ils la souhaitent – et rend la
discussion difficile. La doctrine de la « libre circulation des
marchandises et des capitaux » - entérinée par l’accord final de Marrakech
et justifiée par la théorie des avantages comparatifs – qui attise les tensions
internationales, est toujours la ligne directrice du FMI, lié à ces mêmes
multinationales, de la Banque mondiale, de l’OMC et empêche tout accord
multilatéral d’envergure.
Toutefois les appels à l'évolution des comportements, notamment en matière
de consommation, rencontrent de plus en plus d'échos chez les consommateurs qui
commencent à être mieux informés et deviennent davantage conscients des
enjeux.
Pour accompagner cette demande, un certain nombre de repères commerciaux
(marque, label) plus ou moins officiels ont vu le jour. Le succès rencontré par
certains d'entre eux modifie parfois l’offre sur le marché sans pour autant que
l'impact social et environnemental soit à la hauteur des attentes
espérées.
Enfin la logique économique d’un contrôle « indépendant » et
confidentiel va au détriment de la progression de la démarche qui vise à faire
évoluer les pratiques professionnelles.
C’est particulièrement le cas de l’agriculture biologique où les coûts de
certification, particulièrement inéquitables et à la charge des producteurs,
favorisent les plus grosses productions industrielles au détriment de la
diversité des modes de culture mise en oeuvre par des petits agriculteurs. Les
évolutions réglementaires proposées aujourd’hui par l’Union Européenne, fondées
sur le système HACCP (contrôle des « points à risque »), vont renforcer
cette situation en incitant à recourir à la chimie de synthèse, voire aux OGM,
pour maîtriser, suivant les normes agréées, les risques générés par les
productions industrielles.
Pour atteindre des volumes conséquents, certains acteurs du commerce
équitable ont choisi de passer des accords avec des multinationales de
l'agro-alimentaire et de la distribution. Ils invitent le consommateur à faire
confiance à un logo, sans qu’il ait aujourd'hui les moyens de vérifier ce que
ce logo recouvre et la qualité de la promesse commerciale.
La référence au commerce équitable est ainsi devenue un avantage concurrentiel
alors que l’accès aux informations vérifiables est confié, en toute opacité, à
des « experts » agréés tenus par des engagements de confidentialité
et payés par les sociétés qu’ils sont censés contrôler.
Si les consommateurs sont bernés par des promesses commerciales trompeuses,
les acteurs les plus exigeants en terme de qualité de l'offre sont pénalisés et
les producteurs les plus fragiles supportent les conséquences d’un système dans
lequel la notoriété, c’est-à-dire la publicité, est plus importante que la
justification de la promesse.
La voie la plus sérieuse pour faire évoluer les rapports marchands consiste
à mobiliser les parties prenantes. La garantie que peuvent attendre les
associations de consommateurs quant à la sincérité d’une offre qui met en avant
son caractère équitable est liée à la possibilité qui leur est accordée de
s’impliquer dans l’élaboration du cahier des charges, dans son évolution, dans
son contrôle et dans la transparence de ce dernier. En particulier,
l’implication des syndicats de travailleurs est indispensable à tous les
niveaux de la filière ; l’équité du commerce est inséparable du respect
des droits civils et sociaux.
L’initiative du COPOLCO est une bonne nouvelle. Elle permettra de réexaminer
un certain nombre de débats sur le commerce équitable. Débats qui, en France,
sont en passe d’être étouffés par une initiative politique brutale et
maladroite avant même que la phase de concertation entre les acteurs ne soit
achevée.
D’une régulation aux frontières, encore bien présente et qui maintient bon
nombre de pays du Sud en fournisseurs de matières premières à bas prix, on
s’achemine vers une régulation par les normes non tarifaires. Cette évolution
n’est pas sans risque ; elle permet à l’acteur dominant d’une filière
commerciale (celui qui perçoit l’essentiel de la valeur ajoutée) d’écarter ses
« concurrents » en définissant lui-même les critères qui
conditionnent l’accès au marché et de faire porter le coût de la conformité à
la norme aux fournisseurs.
La conquête de nouvelles libertés et de nouveaux droits passe par la
souveraineté alimentaire des peuples, c'est le premier enjeu d'un commerce
équitable. A l'opposé des démarches qui visent à faire adhérer les producteurs
à un modèle global de développement libéral en culpabilisant les consommateurs,
l'objectif est d’agir ensemble pour promouvoir, partout et pour tous, ici et là
bas, une mondialisation qui contribue à une re-localisation des économies. La
question de la préservation de la biodiversité menacée notamment par
l’appropriation des semences au moyen de brevet (la « brevetabilité du
vivant ») est au coeur de ces enjeux.
Les problèmes sont complexes mais les priorités sont précises. La question
n'est pas tant d'assurer la promotion de produits dits équitables, ni de
protéger un secteur d'activité, que de définir les outils de régulation à
mettre en place. Il s’agit d'assurer que ceux qui se réclament d'un commerce
équitable et le mettent en avant comme argument commercial le font à juste
titre et répondent effectivement aux enjeux planétaires prioritaires comme la
souveraineté alimentaire des populations et la préservation de la
biodiversité.
Organisation signataires :
France :
MINGA
1, quai du square - 93200 Saint Denis Tél. : (0033) 01 48 09 92 53
mail : minga.faire.ensemble@wanadoo.fr www.minga.net
__ Nature et Progrès
__
68, bd gambetta - 30700 Uzès Tél 04 66 03 23 40 mail :
np@nature-et-progres.org www.natureetprogres.org
Confédération Paysanne
104 rue Robespierre - 93170 Bagnolet tel +33 1 43 62 04 04 mail :
contact@confederationpaysanne.fr www.confederationpaysanne.fr
__Espagne
Xarxa de Consum Solidari__ C/ Moderna, 53 08902 L' Hospitalet de Llobregat
TEL: 93 432 61 82 (Extensión 23) Fax: 93 432 61 81 www.xarxaconsum.net
__ Portugal
MÓ DE VIDA COOPERATIVA__ Calçadinha da Horta, 19 2800-564 PRAGAL - ALMADA Tel | 21 272 06 41 Email | modevida@sapo.pt www.modevida.com
jeudi 31 mai 2007
Me voici. Naissance d'une petite entreprise
Par Yann le jeudi 31 mai 2007, 11:01
Mardi, j'ai fait une visite au greffe du tribunal de commerce
et.................
Je suis ressorti avec le sésame.
DES BOUTS DU MONDE est né officiellement le 30 mai 2007, 17 ans, jour pour
jour, après la naissance de mon fils. Amusant, certains y verront un signe, pas
moi, c'est juste amusant.
J'espère qu'elle sera aussi agréable que lui, qu'elle me donnera autant de
plaisirs.
Bon anniversaire Léo.
Et Bienvenue "des bouts du monde" dans ce monde de brutes, de grands méchants
capitalistes, tu rejoins les autres petites entreprises qui ont galèré, qui
galère encore, mais qui défendent une autre vision du commerce et par là même
des échanges humains.
Pour moi le commerce équitable c'est ça, c'est pour ça que j'ai crée des bouts
du monde, on n'est pas obligé d'être prédateurs quand on fait du
commerce.
Encore une fois le maître mot c'est respect:
Des Hommes qui fabriquent
Des Pays, des cultures, des savoir-faire
de l'environnement
de chacun à chaque niveau de la chaine commerciale
et de soi.
C'est ambitieux, utopiste peut être, irréalisable, plein de contradictions,
mais c'est un but, une envie, un espoir, une confiance.
Merci à tout ceux qui m'ont soutenu, aidé, avec qui j'ai échangé des idées,
ceux que j'ai soulé...
jeudi 3 mai 2007
Norme internationale commerce équitable.L'enjeu de la souveraineté alimentaire et de la bio diversité
Par Yann le jeudi 3 mai 2007, 15:06
L'article qui suit vient directement du site de MINGA, mais comme je suis
d'accord, je diffuse.
Même si nous estimons que l'enjeu d'un commerce équitable est avant tout une
question de régulation du commerce, la question de la normalisation, surtout
quand celle-ci ressurgit à l'initiative des associations de consommateurs
internationaux, ne nous laisse pas indifférents.
Ces dernières, regroupées au sein du COPOLCO, ont saisi l'ISO. L'ISO a
sollicité l'AFNOR pour conduire une enquête internationale à laquelle MINGA a
répondu , les conclusions de cette étude seront présentées lors de la réunion
du COPOLCO au Brésil fin mai.
Au regard des enjeux et pour ne pas laisser le champ libre au seul point de
vue de FLO/ Max Havellaar et de ses « supporters » privés et publics,
nous avons décidé de participer au comité de pilotage pour faire valoir nos
positions.
1°) que la seule garantie à offrir aux consommateurs, est de les considérer
comme partie prenante de la démarche au même titre que les syndicats. Nous
devons attirer leur attention sur le fait que l'intérêt financier des
organismes de contrôle « indépendant » prend le pas sur la sincérité
des contrôles et la progression d'une démarche vraiment équitable. Ces
mécanismes fondés sur l'adhésion à des valeurs de signes incarnés par des
« logos » édifient des « niches de marché » contrôlés par
des multinationales. A ce sujet l'évolution réglementaire récente de
l'agrobiologie est inquiétante et significative d'une mondialisation régulée
par des normes servant à préserver, voire augmenter les intérêts des
multinationales de l'agroalimentaire.
2°) que la première des garanties est de rendre apparent la structure de
prix d'un produit pour tous y compris pour les consommateurs !
3°) que la question de normalisation doit bien être dissociée de la question
de la certification.
4°) que le « prix juste » tel qu'il est défini par les standards
internationaux de FLO est une escroquerie intellectuelle et une des raisons de
notre refus de l'accord AFNOR X50-350 sur le commerce équitable. Nous sommes
curieux de voir comment les signataires de cet accord vont justifier cette
position au plan international.
5°) que la question essentielle est pour nous la souveraineté alimentaire
des peuples et le maintien de la bio diversité. La question n'est pas de
« protéger un concept » déjà largement aliéné par Max Havellaar mais
de savoir en quoi un commerce équitable peut répondre à ces priorités
planétaires.
Le bureau de MINGA
Emmanuel Antoine (directeur et formateur à QMD, voir lien), représentera MINGA à la réunion du COPOLCO à Salvador de Bahia le 23 mai prochain
mardi 1 mai 2007
Là, je suis énervé, ou, M.E.L le roi du Commerce (équitable)
Par Yann le mardi 1 mai 2007, 15:11
Aujourd'hui sur France Inter le sujet de l'émission "service public"
était : Le commerce équitable (à l'occasion de la 7ième édition de la
quinzaine du commerce équitable avec le label Max Havelaar à la cité des
sciences à Paris et en région jusqu'au 13 mai 2007. dixit France Inter).
Je me suis dis tiens c'est chouette, ça tombe plutôt pas mal que l'on parle de
ça à la radio alors que je viens de faire ma demande de prêt bancaire pour ma
boutique.
Peut être, mon banquier, ou une de ses connaissances entendra cette émission et
comprendra un peu mieux mon projet.
Peut être qu'il verra que je ne suis pas uniquement le résultat d'un mélange
(entre autre) d'écolo rigolo, de libertaire utopiste, d'altermondialiste
rêveur, d'hédoniste passéiste et Delermien et de gauchiste qui décidément ne
comprend pas la réalité de notre monde moderne. Mais que d'autres s'engagent
dans cette voie.
J'ai malheureusement vite déchanté, d'abord en voyant la liste des
intervenants
Alexis Krycève (co-fondateur d'Alter Eco) qui diffusent ses produits en
grandes et moyennes surfaces (même dans des GS de jardinage)
Hélène Sarfati-Leduc (chef du projet textile "Fibre citoyenne" chez Yamana) Je
ne connais pas la démarche, je vais me renseigner
au téléphone: Eglantine Karl en charge des relations avec les producteurs de
Café équitable Lobodis. ce qui suit est issus d'entreprise.com: La preuve, la
PME bretonne surfe sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros, contre 7,6
millions en 2004, et table sur une augmentation de 50 % en 2006. Son principal
atout ? Lobodis est présent sur les linéaires des hypers et des
supermarchés, excepté chez Auchan et Casino. « Je joue le
jeu de la grande distribution et j'en accepte les règles, comme celle des
marges arrière. Le commerce équitable n'est pas un commerce assisté,
affirme Olivier Bernadas. Je suis heureux de soutenir des producteurs
défavorisés du Sud, mais je ne fais pas de l'humanitaire ! » Fort de son
succès, le PDG a lancé une deuxième marque, Escale équitable, pour vendre du
thé, du chocolat, du sucre et du riz. Un challenger pour Alter Eco ?
Et le pire le Monsieur propre du commerce: Michel Edouard Leclerc, PDG de la
chaîne d'hypermarchés Leclerc (dispose d'un patrimoine estimé à 2.5 millions
d'euros et d'un salaire de 2.3 millions d'euros par an) roi du commerce
équitable comme chacun sait.
Je rappelle que cet humaniste a dit à propos du commerce équitable et de
l'augmentation des volumes "Avec les volumes, les fournisseurs vont
pouvoir écraser leurs coûts de production et nous pourrons ainsi augmenter nos
marges" c'est beau un capitaliste altruiste, on dirait du Jean Marc
Sylvestre
Personne du réseau MINGA (voir lien permanent),
Personne d'entreprises citoyennes qui faisaient déjà du commerce équitable
quand Tristan (PDG d'Alter eco, je l'appelle par son prénom après tout on
travaille dans le même créneau) n'avait pas encore fait HEC ni travaillé chez
l'Oréal (Né en 1973, diplômé d'HEC Paris et de la Fondation Getulio Vargas (Sao
Paulo, Brésil) en 1996. Après une première expérience professionnelle au sein
du groupe L'Oréal en Corée du Sud, il à lancé Alter Eco en 1998) comme
ANDINES http://www.andines.com/rubrique.php...
(création en 87)
ni même personne d'Artisans du Monde (association) ou de toutes les entreprises
qui respectent par leurs pratiques l'homme et l'environnement mais qui n'ont de
pseudo "label" Max Havelaar.
Bon bref les cinq premières minutes et j'étais déjà énervé, donc je leur
écrit sur le site et j'en profite pour lire les messages envoyés par les
auditeurs.
Et j'attends, je continue à lire, et j'attends, de plus en plus de messages
arrivent pour signaler l'esprit partisan de l'émission, et j'attends encore, la
fin de l'émission arrive (elle dure une heure, ce n'est pas juste une virgule,
ou un éditorial) et aucune allusion n'a été faite sur les réflexions des
auditeurs sur les marges arrières de la grande distribution, sur le créneau CE,
sur le positionnement des GMS, sur le choix des invités, sur une autre vision
du CE, sur le CE partout, nord sud, nord nord, sud sud..., sur la nécessité de
penser environnement ET équité.
Pour vous rendre compte, je met le lien vers les messages des auditeurs
http://www.radiofrance.fr/franceint... mais je ne suis pas certain qu'il
sera disponible très longtemps.
J'en insère aussi ici quelques uns
Franck 01/05/2007 9h39 Commerce équitable = Max Havelaar ? Lisez "Les
coulisses du commerce équitable - Mensonges et vérités sur un petit business
qui monte" de Christian Jacquiau pour se faire une toute autre idée de cette
enseigne dite équitable. Je prends l'émission en cours : dommage que MINGA
(http://www.minga.net/) ne soit pas représentée. Peut-être qu'elle porte un
message trop critique en la matière ! N'oublions pas que le commerce
équitable se ne sont pas simplement des rapports Nord-Sud mais aussi Nord-Nord
(ex Amap).
anny chapuis 01/05/2007 9h43 je m'étonne que vous n'ayez personne parmi vos
invités qui représente Artisans du monde (ou je suis bénévole) et qui est la
premiére association de commerce équitable et qui refuse de travailler avec les
grandes surfaces
MG 01/05/2007 9h48 Est-il vraiment "Éthique" de faire venir de l'autre bout du
monde, à grand frais et en poluant, du riz alors qu'on en produit en
France ? => ajouter un critère "écologie" => élargir le commerce
équitable à tous les domaines de la société contre le dogme de la "compétition"
et de la "competivité"
Refuald 01/05/2007 10h12 Quand on voit comment sont maltraitées et mal payées
les caissières de supermarchés français (rapport à une de vos émissions il y a
quelques semaines), est-ce vraiment équitable de faire croire qu'on est un
saint Bernard de la consommation ?
Francis 01/05/2007 10h12 Pourquoi interroger M Leclerc? Il n'est responsable
de rien et rejette toujours toute faute sur ses gérants... J'ai quelques
exemples à ce sujet.
fanny 01/05/2007 10h15 si l'on compare le salaire de M E leclerc et celui du
paysan du Laos, nous pouvons quand même nous demander où est l'équité...
Fred 01/05/2007 10h18 ME Leclerc prend les auditeurs pour des cons ! De
la même manière que ses publicités prétendent qu'il ne se soucie que du pouvoir
d'achat de ses clients, il tente aujourd'hui de nous faire croire que son
attitude est éthique et non opportuniste. On rit jaune !!!
Ouaih on rit jaune, enfin moi je ris pas du tout, c'est pas gagné tout
ça!!!
Allez j'arrête, c'est pas bien de s'énerver le premier mai, Profitez bien du
seul jour chômé réellement prévu par la loi, et merde aux cons.
Au fait l'émission s'appelle "service public", je rêve...
lundi 30 avril 2007
La vie est une affaire de choix
Par Yann le lundi 30 avril 2007, 09:12
Suite à un commentaire de ben sur l'article "roses et kérosène", je lui
répond ici car le texte est un peu long pour un commentaire (et il s'adresse à
tous)
je sais, l'image ne correspond pas,
ce n'est pas une rose, c'est une orchidée (Cephalanthere) que j'ai vu hier et
que je n'avais pas vu depuis longtemps, elle est belle quand même
non?
Pour ma part je ne suis pas totalement opposé à l'importation de produits
d'un des autres bouts du monde, sinon je ne projetterais pas de faire ce
métier. Mais je penses que c'est une réflexion à mettre dans une balance les
arguments positifs et négatifs, puis de choisir en (j'aime plus trop ce mot qui
est un peu sur utilisé, pourtant je l'appréciais quand j'étais objecteur
de...)conscience.
Par exemple je fais le choix de ne pas faire venir des pommes ou du jus de
pommes du Chili ou d'Argentine quand des producteurs locaux de qualité ont du
mal à écouler leur production. Par contre je choisi d'importer du café de
Colombie (de qualité, sinon cela n'a aucun intérêt) parce que jusqu'à présent
je ne crois pas que le café pousse ici.
Ce n'est surtout pas une question protectionniste et nationaliste, c'est
juste ce qui me semble logique.
Alors on va me répondre qu'il n'y a aucune raison de travailler avec des
entreprises qui travaillent avec le Népal ou le Vietnam, pour des vêtements ou
de l'art de la table, alors qu'il y a des entreprises françaises qui pourraient
les fabriquer.
Et là on ouvre la boite de Pandore. Si je prends l'exemple du coton bio, les
questions que l'on peut se poser sont:
ou est cultivé le coton?
comment et par qui ?
comment voyage t'il jusqu'à chez nous ?
dans quelles conditions est il transformé en tissus ?
dans quelles conditions est il transformé en vêtement ?
quelles sont les répartitions des marges, charges tout au long de la filière
?
y' a t'il un savoir faire particulier, une technique, une histoire liée au
produits, aux travailleurs, aux pays...?
Et j'en oublie certainement beaucoup, après on réfléchit et on fait son
choix.?
La vie est une affaire de choix et de respect, mais ils ne peuvent être
possibles qu'en connaissance de cause, sinon c'est un non choix, c'est Panurge
qui nous rend visite.
Au fait dimanche y'a un autre choix à faire, faites le bon !!!
« billets précédents - page 2 de 3 - billets suivants »